"Notre petite soeur": Kore-Eda poursuit son exploration sensible de l'intime

Avec "Notre petite soeur", projeté jeudi en compétition au Festival de Cannes, le cinéaste japonais Hirokazu Kore-Eda poursuit son exploration sensible des liens familiaux
Avec "Notre petite soeur", projeté jeudi en compétition au Festival de Cannes, le cinéaste japonais Hirokazu Kore-Eda poursuit son exploration sensible des liens familiaux - © FADEL SENNA - AFP

Avec "Notre petite soeur", projeté jeudi en compétition au Festival de Cannes, le cinéaste japonais Hirokazu Kore-Eda poursuit son exploration sensible des liens familiaux, dans un film qui se veut une "accumulation de petits moments", comme dans un journal intime.

Le film d'Hirokazu Kore-Eda, un habitué de la Croisette qui avait obtenu le Prix du Jury en 2013 pour "Tel Père, tel fils", est l'adaptation d'un manga.

Chronique familiale, ce dixième long métrage du cinéaste raconte l'histoire de trois soeurs qui vivent ensemble dans une grande maison, dans une ville au bord de la mer. A l'enterrement de leur père, qui les avait abandonnées, elles rencontrent leur demi-soeur adolescente. Elles décident de l'accueillir dans la maison familiale.

A travers des tranches de vie, ce film, accueilli diversement en projection de presse, dresse le portrait des membres de cette famille, des liens et des sentiments qui les unissent, ou des tensions qui les éloignent.

Entre l'aînée qui a dû assumer les responsabilités de chef de famille après le départ des parents, ses deux soeurs avec qui elle entretient parfois des rapports conflictuels et leur demi-soeur, qui a appris que sa naissance avait été une cause de souffrance, se nouent des liens complexes.

"Les personnages évoluent au jour le jour. Ce qui m'intéressait, c'était justement de montrer par petites couches l'accumulation du temps qui passe", a expliqué à l'AFP Hirokazu Kore-Eda.

"Dans le titre original, il y a le mot "journal intime" qui apparaît. Pour moi, c'était vraiment cette idée-là, l'idée que, comme dans un journal intime, il y a de petits événements qui s'enchaînent", a-t-il ajouté.

"Ecrin"

Après avoir découvert le manga "Kamakura Diary" d'Akimi Yoshida, le cinéaste a voulu l'adapter car, dit-il, il a été "tout de suite absorbé par cet univers".

"Je me suis dit "Je suis sûr que quelqu'un va en faire un film et, tant qu'à faire, je préfèrerais que ce soit moi. Je veux que personne d'autre que moi ne l'adapte au cinéma !"", a-t-il confié.

Le réalisateur de "Still Walking" ou "Nobody Knows" montre aussi, avec délicatesse, de petits moments de bonheur, la beauté d'un paysage ou d'une lumière changeante au bord de la mer, en résonance avec la phrase d'un personnage du film, qui se dit "heureux de pouvoir reconnaître la beauté quand elle est là".

La demi-soeur "s'ouvre petit à petit au contact de cette nature, de ces paysages. C'est évidemment l'histoire de plusieurs êtres humains, mais c'est aussi l'histoire de leur écrin", souligne le réalisateur.

"C'était important vraiment de décrire à la fois de façon précise, détaillée, minutieuse, sensible, les personnages mais aussi leur environnement", ajoute-t-il.

Fin observateur de l'univers familial, Kore-Eda, 52 ans, qui a commencé sa carrière comme réalisateur de documentaires avant de construire une oeuvre de fiction dépouillée, loin du spectaculaire, dit "ne pas avoir, de façon intentionnelle, décidé de faire des films sur la famille".

Mais "je trouve que décrire l'environnement familial d'un personnage permet d'en donner vraiment toutes les facettes", ajoute-t-il.

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