Niels Arestrup dans le premier film d'une jeune réalisatrice, "Papa Lumière"

Niels Arestrup a remporté trois fois le César du meilleur acteur dans un second rôle pour "De battre mon coeur s'est arrêté", "Un prophète" et "Quai d'Orsay"
Niels Arestrup a remporté trois fois le César du meilleur acteur dans un second rôle pour "De battre mon coeur s'est arrêté", "Un prophète" et "Quai d'Orsay" - © FRANCOIS LO PRESTI - AFP

Niels Arestrup interprète un Français rapatrié de Côte d'Ivoire avec sa fille métisse à la suite du coup d'Etat de 2011 dans "Papa Lumière", premier long métrage d'Ada Loueilh, qu'elle a écrit avec le comédien "en tête".

Le film d'Ada Loueilh, 30 ans, ancienne élève de la Femis, trouve ses racines dans sa propre vie. La cinéaste a vécu avec ses parents en Côte d'Ivoire, comme les personnages du film.

"Il y a plein de petites choses autobiographiques mais je ne peux pas dire: ceci est mon histoire", déclare la jeune réalisatrice aux yeux clairs à l'AFP.

Le film raconte l'histoire de Jacques et de sa fille métisse de 14 ans, Safi (Julia Coma). Elle commence à bord d'un avion en provenance d'Abidjan qui s'apprête à atterrir à Roissy.

Tous deux ont l'air sombre. Ce voyage, ils ne l'ont pas voulu. Jacques, hôtelier, vivait depuis plus de 15 ans en Côte d'Ivoire, devenue sa patrie. Safi a la nationalité française de son père mais vivait avec sa mère, prostituée ivoirienne. Elle sait à peine qui il est.

"C'était difficile pour Julia de se confronter à Niels", relève la réalisatrice.

L'acteur de 66 ans, qui a remporté trois fois le César du meilleur acteur dans un second rôle (pour "De battre mon coeur s'est arrêté", "Un prophète" et "Quai d'Orsay") en impose mais cela a sans doute aidé la jeune comédienne à jouer avec une grande justesse.

Niels Arestrup "était amoureux du texte", affirme Ada Loueilh, "il a aimé le scénario, ce portrait d'homme l'a vraiment touché".

Un personnage "en défense sans cesse"

Il était le seul "possible" pour interpréter Jacques. "Niels est comme le personnage, en défense sans cesse", dit encore la jeune réalisatrice.

Jacques et sa fille, ainsi que d'autres rapatriés, se retrouvent à Nice, où ils ont été acheminés en bus pour être hébergés dans un foyer d'accueil. Là, ils partagent une chambre exiguë. Safi lui en veut de l'avoir embarquée. Ils doivent apprendre à vivre ensemble et s'apprivoiser.

Sans le sou, sans connaissance, sans famille, Jacques souffre d'avoir perdu son hôtel, son statut, ses biens, sa liberté, alors il boit les quelques billets qui lui restent. Safi, aussitôt scolarisée, reste en marge des collégiens.

Le pays manque au père, à Safi comme à leurs compagnons d'infortune dans le foyer où des liens de solidarité puis d'affection finissent par naître.

"L'Afrique est un sacré fantôme de la France", dit la réalisatrice.

Trop âgé pour trouver du travail, Jacques gagne quelque argent en promenant des chiens. Démunis, ils sont en danger, surtout avec une adolescente en détresse.

"Ils sont en danger, oui, mais l'espoir est permis", souligne la réalisatrice.