"Ne m'appelle pas frère" : la cruauté du groupe

“Ne m’appelle pas frère” : la cruauté du groupe
“Ne m’appelle pas frère” : la cruauté du groupe - © Tous droits réservés

Le court métrage allemand traite du rejet de la différences chez les adolescents, il est à voir sur le site d’Arte.

 

“Ne m’appelle pas frère” est le film de la jeune réalisatrice Gina Wenzel, qui sort tout juste de l’école. Elle aborde une thématique difficile et délicate, celle de l’exclusion du groupe et de la place de chacun dans une bande. C’est à travers les yeux de Cheyenne, une adolescente sportive tête brûlée que se déroule l’intrigue. Elle fait partie d’une bande de garçons qui arrosent régulièrement leur soirée, fument et vendent de la drogue aux abords d’un terrain de football. La jeune fille est en couple avec l’un des adolescents et tous semblent la considérer comme un objet plus que comme un membre de la bande. Cheyenne est révoltée par la situation et aimerait qu’il n’y ait pas de distinction. Un jour, Dany arrive à l’entraînement de foot et intègre rapidement la bande. Cheyenne est la seule à connaître le secret de Dany, qui est un garçon transgenre. Le voyant intégrer avec une facilité déconcertante le petit groupe, elle ne peut s’empêcher de le jalouser et nourrir contre lui une haine qui va bientôt coûter cher à Dany.

 

La réalisatrice allemande Gina Wenzel a souhaité montrer les affres de l’adolescence et la notion d’appartenance à un groupe. Plus jeune, elle était aussi dans un club de foot et a été confronté à toutes ces normes sociétales, à l’homophobie et la transphobie. La cruauté des adolescents est fortement présente dans “Ne m’appelle pas frère” et contribue à ce climat toxique et dérangeant. Elle a souhaité illustrer la question : comment en vient-on à exclure des personnes d’un groupe ? Et l’on peut ensuite se demander ce qui poussent les jeunes à ostraciser la différence. Avec des scènes en partie filmées au téléphone, la cinéaste parvient à nous happer dans l’intrigue et faire de nous un membre de la bande. Gina Wenzel a également eu le culot d’adopter le point de vue de l’agresseur, chose rarement exécutée au cinéma.

 

 

Regarder “Ne m’appelle pas frère” (2018) de Gina Wenzel sur le site web d’Arte ou ci-dessous : 

 

 

Retrouver l’échange filmée entre la réalisatrice Gina Wenzel et la comédienne du court métrage Marie Schulte-Werning.