Mostra 2020 : hors compétition, une comédie anglaise et un documentaire sur Greta Thunberg

S’il fallait trouver un point commun entre les différents grands festivals, c’est que les comédies se retrouvent le plus souvent hors compétition. Parfois, c’est une décision des programmateurs, qui estiment qu’une comédie ne fera pas le poids face aux films "sérieux" de la compétition, soit c’est un choix des producteurs, qui acceptent d’utiliser un festival comme rampe de lancement, sans risquer le verdict d’un jury…

The Duke

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L'affiche de "The Duke" © DR

Quoi qu’il en soit, les festivaliers étaient impatients de découvrir "The Duke", le nouveau film de Roger Michell ("Notting Hill", "Morning Glory"), avec un magnifique duo en tête d’affiche, Jim Broadbent et Helen Mirren. Le film s’inspire d’une pittoresque histoire vraie, celle de Kempton Bunton. Chauffeur de taxi sexagénaire à Newcastle, Bunton est ce qu’il est convenu d’appeler "un original" : nous sommes au début des années 60, Kempton écrit des pièces radiophoniques qu’il ne parvient pas à faire jouer, et milite pour la suppression de la redevance afin de permettre aux seniors de regarder la BBC gratuitement. Anarchiste voulant œuvrer pour le bien commun, Robin des Bois des temps modernes, ce brave prolétaire parvient à voler un tableau de Goya, le portrait du Duc de Wellington, à la National Gallery…

Baignant dans une élégante reconstitution de l’Angleterre des Sixties, "The Duke", avec adresse, mêle émotion – Kempton et sa femme ont perdu leur unique fille dans un accident de vélo – et sourires, grâce à des dialogues spirituels. La mise en scène est à la fois tendre et ironique, et le duo Broadbent/Mirren, en vieux couple du Yorkshire, fait des étincelles… "The Duke" n’est pas un grand film, c’est juste a bloody good entertainment, un sacré bon film ! (Il sortira en Belgique cet automne).

I am Greta

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I am Greta © DR

On ne présente plus Greta Thunberg, cette adolescente suédoise devenue la figure symbolique de la sensibilisation mondiale aux dangers du changement climatique. Le documentariste Nathan Grossman a suivi Greta dès ses premières manifestations devant le Parlement de Stockholm, et a visiblement gagné sa confiance puisqu’il l’a filmé dans ses moments d’intimité avec son père, qui tente de la suivre et de la protéger dans ce qui va devenir, au cours de l’année 2019, une véritable croisade internationale.

→ → → lire aussi : Présentation à la presse du documentaire "I am Greta"

Le film "Greta" a deux mérites. Primo, suivre, images à l’appui, l’effet d’entraînement et l’emballement médiatique autour de cette teenager de 15 ans. Secundo, montrer combien le syndrome autistique d’Asperger, dont Greta est atteinte, explique grandement sa détermination, sa résistance aux critiques de plus en plus virulentes de ses adversaires. Là où le documentaire de Grossman échoue partiellement, c’est à percer le mystère de Greta qui, comme toute personne atteinte d’une forme d’autisme, garde ses secrets pour elle. Enfin, reste à s’interroger : le film ne risque-t-il pas de prêcher uniquement des convertis ? Les adeptes de Greta Thunberg et de son combat vont évidemment le regarder avec passion, tandis que le camp adverse va très certainement ignorer avec dédain sa diffusion…