Moment nostalgie à Cannes : les 5 Palmes d'Or inoubliables

Quentin Tarantino répond à une détractrice par un doigt d'honneur (qu'on ne voit pas ici) lors de sa victoire avec "Pulp Fiction" en 1994.
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Quentin Tarantino répond à une détractrice par un doigt d'honneur (qu'on ne voit pas ici) lors de sa victoire avec "Pulp Fiction" en 1994. - © AFP PHOTO/PATRICK HERTZOG

Le Festival de Cannes 2020 aurait dû être lancé ce mardi 12 mai. Mais en raison de la pandémie de Covid-19, la 73e édition n'aura pas lieu physiquement sur la croisette. Pour se consoler, et en attendant les précisions sur une forme "itinérante" envisagée par les organisateurs, voici un retour sur cinq Palmes d'Or inoubliables. De Maurice Pialat en 1987 à Abdellatif Kechiche en 2013, tour d'horizon de cinq Palmes d'or, controversées, acclamées ou historiques, qui ont marqué la Croisette et l'histoire du 7e art.

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Les sifflets de Maurice Pialat

En 1987, c'est sous les huées du public cannois que Maurice Pialat reçoit sa Palme d'Or. "Sous le soleil de Satan" est récompensé par le jury présidé par Yves Montand, alors que "Les Ailes du désir" de Wim Wenders passe pour le favori de la compétition.

Le poing levé, le réalisateur français ne se décontenance pas et proclame sa désormais célèbre tirade : "Je ne vais pas faillir à ma réputation. Je suis surtout content ce soir pour tous les cris et les sifflets que vous m'adressez. Et si vous ne m'aimez pas, je peux vous dire que je ne vous aime pas non plus".

Sous le soleil de Satan, la bande-annonce

La poésie de Jane Campion

La cinéaste néo-zélandaise s'impose en 1993 avec "La Leçon de piano", un drame sentimental et historique centré sur une Écossaise (Holly Hunter) envoyée en Nouvelle-Zélande avec sa fille (Anna Paquin) pour épouser un colon (Sam Neill) qu'elle ne connaît pas. Louis Malle et son jury accordent pour la première fois de l'histoire du festival la récompense suprême à une femme. Une Palme que Jane Campion doit tout de même partager avec le Chinois Chen Kaige pour "Adieu ma concubine".

Le doigt d'honneur de Quentin Tarantino

Un an plus tard, le jury présidé par Clint Eastwood fait preuve d'audace en sacrant "Pulp Fiction", deuxième long métrage de Quentin Tarantino. Outsider de la compétition, le jeune cinéaste rafle le prix, coiffant au poteau des films comme "La Reine Margot" de Patrice Chéreau, "Journal intime" de Nanni Moretti ou "Soleil trompeur" du Russe Nikita Mikhalkov. L'accueil du public est cependant moins enthousiaste, au point qu'une voix féminine s'élève de la salle lorsque Tarantino et son équipe envahissent la scène. "Quelle daube! Non mais quelle daube!". Une attaque à laquelle le réalisateur primé mais décontracté répond par un doigt d'honneur.

Le brûlot de Michael Moore

En 2004, pour la deuxième fois de son histoire, le festival de Cannes récompense un documentaire : "Fahrenheit 9/11" de Michael Moore, après "Le Monde du silence" de Jacques-Yves Cousteau (1956). L'Américain entre dans les annales avec son réquisitoire anti-Bush. Sa Palme d'Or est contestée par certains qui soupçonnent le président du jury de cette année-là, Quentin Tarantino, encore lui, de favoritisme. Non content de s'être publiquement affiché contre le président des Etats-Unis de l'époque, le réalisateur partage alors avec son lauréat le même producteur, Harvey Weinstein. 

Les trois Palmes d'or de "La Vie d'Adèle"

Le film d'Abdellatif Kechiche entre dans l'histoire cannoise en 2013. Grand favori de la compétition, "La Vie d'Adèle" attire l'attention du jury et de son président Steven Spielberg qui demande une dérogation exceptionnelle pour attribuer non pas une mais trois Palmes d'or, remises à son réalisateur et à ses deux actrices principales, Léa Seydoux et Adèle Exarchopoulos.