Michael J. Fox, 60 ans, retour vers son futur

L’inoubliable interprète de Marty McFly fêtera son 60e anniversaire le 9 juin prochain. Atteint par la maladie de Parkinson depuis plus de 20 ans, souvenez-vous, Michael J. Fox avait décidé de mettre un terme à sa carrière fin 2020.

Du calme Doc, c’est moi, c’est Marty. Vous m’avez aidé à retourner vers le futur mais me revoilà, je suis de retour du futur !

Il est vrai qu’avec la scène finale de "Retour vers le futur 2" (sorti en 1989), on ne comprenait plus rien. Il est où Marty ? Il vit en quelle année McFly ? Qu’importe finalement car cette trilogie est culte à plus d’un titre et "Retour vers le futur" ne serait rien sans Michael J. Fox. Et dire qu’au départ (en 1985), il avait refusé le rôle parce qu’il jouait dans la série télé "Family ties" (ou en français dans le texte "Sacrée famille"). Pour le remplacer, la production avait fait appel à Eric Stoltz. Après 5 semaines de tournage, le réalisateur Robert Zemeckis qui trouvait Stoltz bien techniquement mais trop sérieux insista pour rappeler Fox. Ne pouvant abandonner la série, Michael a donc cumulé les deux rôles, travaillant pour la télé entre 10 et 18 heures, jouant pour le cinéma après jusque tard dans la nuit.

Réduire la carrière de Michael J. Fox à la trilogie "Retour vers le futur" serait un poil limité. D’autant plus qu’il a joué dans d’autres films tout aussi intéressants comme "Le secret de mon succès" (1987), une excellente comédie sur le monde du travail injuste envers les jeunes qui démarrent. Il y a aussi "Bright Lights, Big City" (1988), un drame sur les ravages de la drogue et de l’alcool. Sans oublier "Teen wolf" (1985) qui, entre jeans et baskets, a réinventé le mythe du loup-garou. Que dire encore de "Casualties of war" de Brian De Palma ("Outrages" en VF, sorti en 1989) où il incarne brillamment un soldat qui s’oppose à son supérieur violent et hargneux en pleine guerre du Vietnam (ce chef, c’est Sean Penn) ! ? Oui Michael J. Fox a du talent et le prouve depuis tant d’années déjà. Et ce quel que soit le rôle. La voix anglaise de Stuart Little, c’est lui. Le journaliste prétentieux dans "Mars attacks !" de Tim Burton, c’est aussi lui. Le médium alcoolique et un poil arnaqueur de "Fantômes contre fantômes" de Peter Jackson, c’est toujours lui. Et qui de mieux que lui pour incarner… Michael J. Fox, son propre rôle, dans la comédie musicale "Annie" (en 2014) ?

C’est en 1991 que les médecins détectent chez Michael J. Fox les premiers symptômes de la maladie de Parkinson (juste avant son 30e anniversaire). Il n’en parlera publiquement qu’en 1998. Deux ans plus tard, il crée la Michael J. Fox Foundation for Parkinson’s research. Il utilise alors sa notoriété pour récolter des fonds. Quand il évoque cette période-là, il se souvient que les médecins lui avaient annoncé un maximum de 10 années de travail. Mais il a persévéré et lutté. En 2010, il représentait le Canada (son pays d’origine) lors de la cérémonie de clôture des Jeux olympiques d’hiver de Vancouver. Mieux encore, durant toute la compétition, il a encouragé son équipe de hockey sur glace en postant de belles vidéos déclarant oh combien il aime ce sport.

L’optimisme est durable lorsque vous revenez constamment à la gratitude et à ce qui en découle… l’acceptation !

Aujourd’hui, que ce soit sa femme Tracy Pollan (rencontrée sur le tournage de "Sacrée famille"), leur fils et leurs trois filles, toute la famille Fox a appris à vivre avec cette maladie. Michael, lui, est devenu un monstre sacré de l’Optimisme. Il relativise tout sans perdre son humour. Dans ses nouvelles mémoires "En avant vers le futur" (publiées en français en mars dernier aux éditions Kero), il raconte avec pudeur son rôle de père pas comme les autres. "Sam est le seul de nos enfants à être né avant que l’on ne me diagnostique la maladie de Parkinson", écrit-il. "Je lui ai montré comment faire ses lacets avec la méthode du lapin. D’abord une oreille, puis on l’attrape au lasso, on passe dans la boucle, et ça fait l’autre oreille. Je lui ai appris à faire du vélo en le poussant doucement dans le dos […] Maintenant, c’est Sam qui me pousse en fauteuil roulant. De mon côté, pas besoin de pédaler. Lorsque je me lève avec précaution, mon fils vérifie souvent mes lacets avant que je ne fasse un pas, et il me les attache vite et bien si besoin."

Profiter du temps qui passe, se souvenir des belles choses et continuer coûte que coûte malgré l’adversité, Michael J. Fox reste plus que jamais un exemple à suivre au Cinéma et dans la vie !