"Mademoiselle": un thriller érotique sud-coréen signé Park Chan-wook

Avec "Mademoiselle", le réalisateur sud-coréen Park Chan-wook signe un thriller érotique à l'esthétique soignée dans la Corée des années 30.

Pendant la colonisation japonaise, une jeune femme, Sookee, se fait engager comme servante auprès d'une riche héritière japonaise, Hideko (Mademoiselle), qui vit isolée dans une grande maison avec un oncle collectionneur de livres à l'allure inquiétante.

Avec l'aide d'un complice qui se fait passer pour un comte japonais, Sookee a un plan secret, qui doit lui permettre de s'emparer de la fortune d'Hideko. 

Adaptation du roman "Du Bout des doigts" (2002) de la Britannique Sarah Waters, ce film, présenté en compétition au dernier Festival de Cannes, est construit en trois parties, racontant l'histoire du point de vue de différents personnages.

Il met en scène avec élégance l'amour entre femmes, la perversion, la trahison et la manipulation. 

"C'est un thriller, une histoire d'arnaqueurs, un drame ponctué de rebondissements surprenants et plus que tout, une histoire d'amour", a expliqué le réalisateur d'"Old Boy", histoire de vengeance récompensée par le Grand prix à Cannes en 2004 qui l'a fait accéder à la reconnaissance internationale.

Park Chan-wook est aussi l'auteur de "Thirst, ceci est mon sang", romance cruelle avec des vampires couronnée par le prix du jury en 2009 à Cannes et de "Stoker" (2013), son premier film en anglais avec Nicole Kidman et Mia Wasikowska dans les rôles principaux,.

Montrant avec sensualité le désir et les corps avec des scènes explicites et méticuleusement chorégraphiées, "Mademoiselle" retient l'attention notamment pour une scène entre femmes rappelant celles de "La Vie d'Adèle" d'Abdellatif Kechiche.

Le réalisateur a confié admirer de nombreux thrillers érotiques des années 1990 comme l'emblématique "Basic Instinct" (1992) ou "Bound" (1996).

"Mais je ne me suis pas dit +je suis triste que ce genre disparaisse et je veux le ramener+ (sur les écrans). Rien de cela", a-t-il indiqué à l'AFP à Los Angeles.

Sorti en juin dans son pays, le long métrage de Park Chan-wook a captivé les Sud-Coréens, attirant un record de 1,8 million de spectateurs. Il a été vendu dans 175 pays.