Luc Besson en 5 éléments

Cinq choses à savoir sur Luc Besson, le plus international des réalisateurs français dont "Valérian", le film le plus cher de l'histoire du cinéma hexagonal, s'apprête à sortir en salles.

1. L'autodidacte

Ni bachelier ni passé par la Fémis, la plus prestigieuse école de cinéma française, Luc Besson, 58 ans, a tout du "self-made man", formé sur le tas et au culot.

Son imagination, il dit l'avoir puisée dans son enfance solitaire entre la Grèce et l'ex-Yougoslavie avec des parents professeurs de plongée au Club Med. "A 16 ans, j'avais déjà écrit une bonne partie de mes films, dont Le Cinquième Elément", se plait-il à raconter.

Après avoir enchaîné des stages comme assistant réalisateur, il réalise 1981 son premier court métrage "L'avant dernier", dont l'intrigue sera développée pour son premier long, "Le dernier combat" deux ans plus tard. Il n'a pas 25 ans.

2. Le mal-aimé

S'il a su conquérir un public international, Besson n'a pas toujours bonne presse auprès de la critique. Présenté en ouverture à Cannes en 1988, "Le Grand bleu" (1988) sera sifflé et démoli par la presse avant de faire 9 millions d'entrées en salles.

Malgré 17 films à son actif et ses 12 nominations aux César, le réalisateur n'a jusqu'ici remporté que la statuette du meilleur réalisateur en 1998 pour "Le cinquième élément".

Les rapports entre la presse (française) et Besson ne se sont pas améliorées au fil du temps, une partie de la critique jugeant trop marketing les productions de l'écurie Besson qui, à son tour, n'hésite pas à attaquer en diffamation certains titres.

3. L'homme d'affaires

Besson "me rappelle un peu George Lucas, qui a lui aussi son complexe de cinéma", soulignait en interview l'acteur Robert De Niro, qui a de nouveau revêtu son costume de mafieux dans "Malavita" du réalisateur français.

En 1999, Besson crée sa société, EuropaCorp. Humour et action sont au rendez-vous des productions maison, des "Yamakasi" à "Banlieue 13" en passant par la franchise des "Taxi".

Le catalogue compte également des films plus intimistes comme "Quand j'étais chanteur" de Xavier Giannoli (2006) ou "Saint Laurent" de Bertrand Bonello (2014).

Il élargit son champ d'action en créant en 2012 la Cité du cinéma, sorte de "Hollywood sur Seine", au nord de Paris, avec neuf plateaux de tournages et une école de cinéma.

Le financement du projet interroge la justice française sur de possibles "détournements de fonds publics". Une enquête du parquet national financier a été ouverte fin 2013.

4. Le parrain du cinéma français

Il ne faut "pas toujours compter sur Luc Besson", prévenait la directrice générale d'Unifrance (organisme de promotion du cinéma français à l'étranger), Isabelle Giordano, en annonçant les chiffres à l'export en 2016.

Le réalisateur de "Lucy" (56 millions d'entrées dans le monde) reste en effet une locomotive grâce à ses productions privilégiant un cinéma de pur divertissement, qu'il décline à l'envi (notamment avec les franchises à succès "Taken" ou "Le transporteur").

Cette force de frappe lui permet aussi d'avoir l'oreille des responsables politiques. Comme lorsqu'il a réussi à faire modifier certaines dispositions fiscales pour rendre plus attractifs les tournages en France, en premier lieu celui de "Valérian", tourné en anglais.

5. Le citoyen

"Je prends la parole aujourd'hui parce que je me dois de dénoncer la belle arnaque dans laquelle nous nous apprêtons à tomber", a lancé le cinéaste installé à Hollywood pendant la dernière campagne présidentielle. Dans son viseur: le Front national de Marine Le Pen.

Le réalisateur donne aussi une certaine visibilité à la banlieue et aux cultures urbaines à travers ses films et sa Cité du cinéma, installée dans l'un des départements les plus pauvres et les plus jeunes de France, la Seine-Saint-Denis. Il y avait aussi organisé en 2007 un festival de Cannes parallèle.

(English translation below) LA GRANDE ILLUSION Mes chers compatriotes, mes amis, mes frères. Je m’appelle Luc B, j’ai...

Publié par Luc Besson sur vendredi 28 avril 2017