"Les Têtes de l'emploi": farce cynique et exutoire sur le chômage

Avec "Les Têtes de l'emploi", deux anciens auteurs des Guignols de l'Info, Alexandre Charlot et Franck Magnier, désormais scénaristes et réalisateurs, font rire aux éclats sur le sort de trois employés d'une agence pour l'emploi qui se retrouvent à leur tour au chômage.

Elsa Zylberstein, loin de ses registres habituels, Franck Dubosc et François-Xavier Demaison sont à l'affiche de ce film irrésistible avec un fond social affirmé, dans une approche en total contre-pied de la Palme d'or 2016 "Moi, Daniel Blake" de Ken Loach, film coup de poing sur la dégringolade d'un demandeur d'emploi broyé par le système, en salles depuis le 26 octobre.

Alexandre Charlot et Franck Magnier, qui ont cosigné auparavant "Imogène McCarthery" (2010) et "Boule et Bill" (2013), ont pris résolument le parti de rire avec un sujet grave: Cathy, Stéphane et Thierry sont les meilleurs employés de l'Agence pour l'Emploi de leur ville. Leurs performances dans le reclassement des chômeurs sont telles que l'agence va devoir fermer, faute de demandeurs d'emploi.

Les trois collègues n'ont pas d'autre solution que de créer du chômage en provoquant une faillite, prêts à tout pour sauver leurs postes... "Notre objectif a été d'atteindre l'équilibre entre le réalisme social et la farce", souligne le coréalisateur Alexandre Charlot, dans la note d'intention du film.

Conçues comme autant de sketches, les scènes sont l'occasion de gags souvent très réussis, se moquant notamment des arcanes administratives auxquelles sont confrontées les demandeurs d'emploi pour faire valoir leurs droits.

"Les Têtes de l'emploi" n'hésite pas aussi à manier le cynisme et l'humour le plus noir, notamment autour du handicap. "Pour nous, il n'y a pas de sujets tabous: c'est la manière dont on parle des choses qui importe. Nous montrons que ces personnes, dites inadaptées, sont en fait d'emblée rejetées par le système", souligne Alexandre Charlot.

Pour Elsa Zylberstein, "il y a dans cette histoire quelque chose de cette époque où l'on peut très vite se retrouver de l'autre côté du miroir alors que nos personnages se croient à l'abri, protégés derrière leurs bureaux. Ce film est un portrait assez fidèle de ce que nous vivons aujourd'hui: un monde avec ses travers, sa bêtise, sa folie, sa tristesse, ses espoirs aussi".

"Les Têtes de l'emploi" sort en Belgique le 16 novembre 2016.