Les réalisateurs Adil El Arbi et Bilall Fallah élus Brusseleirs de l'année

Adil El Arbi
Adil El Arbi - © JONAS ROOSENS - BELGA

L'asbl Be.brusseleir a annoncé lundi les lauréats de son édition 2015. Les réalisateurs Adil El Arbi et Bilall Fallah ont été élus Brusseleirs de l'année et le coureur cycliste Eddy Merckx et le joueur de football Paul Van Himst Brusseleirs pour la vie.

A l'occasion de cette reconnaissance, Adil El Arbi a attiré l'attention sur les talents de la jeunesse bruxelloise qui a inspiré les deux long-métrages qu'il a coréalisés. "Tous nos acteurs viennent de Bruxelles. Ils n'ont jamais joué, ni fait d'école. On les a choisis par nécessité. Les bandes ont des jeunes d'origines diverses. On a dû aller les chercher dans la rue, parce que les écoles d'acteurs flamandes comme francophones forment surtout des "Blancs"". Aboubakr Bensaihi (19 ans), leur acteur principal, a grandi à Molenbeek. "Si des jeunes ont des rêves, il faut qu'ils se donnent à fond. Le travail ouvre des portes."

Les deux réalisateurs veulent filmer Bruxelles, comme Scorsese ou Spike Lee leur ont montré New York. Ils ont relevé que quelques cinémas en Wallonie n'ont pas souhaité diffuser leur film "Black", qui sortira en salles mercredi, pour des raisons de rentabilité ou par peur de la violence qu'il pourrait engendrer.

Après leur premier long-métrage "Image" dans les quartiers de Bruxelles, ils ont choisi le microcosme des bandes urbaines. Pour cette adaptation du livre de Dirk Bracke, ils ont eux-mêmes rencontré des policiers spécialisés et quelques jeunes de bandes. "On fait un film sur les quartiers et donc il fallait montrer leur violence, celle des mecs qui se bagarrent et la violence sexuelle, qui est une réalité", a expliqué Adil El Arbi. "Une fille est un objet dans une bande et on voulait faire un film plus féminin que masculin. On parle de Roméo et Juliette mais en fait, c'est surtout l'histoire de Juliette. On ne voulait pas non plus faire un film qui fasse l'apologie des bandes urbaines. Black est un film anti-bandes, qui montre leurs horreurs aux gens". Des scènes d'action ont été coupées pour privilégier "l'âme du film, un amour pur et naïf".

A côté des propositions de grands noms d'Hollywood, ils ont une nouvelle idée en tête. "On voudrait tourner l'histoire de jeunes Belges qui partent en Syrie", a confié Adil Al Arbi. "C'est belge, mais aussi très international. Tout le monde veut voir cette histoire. La Belgique a proportionnellement le plus grand nombre de jeunes qui partent se battre pour l'Etat islamique", a-t-il souligné.


Belga