"Les lignes de Wellington" : fresque sur l'invasion du Portugal par Napoléon

'Les lignes de Wellington'
'Les lignes de Wellington' - © DR

L'invasion du Portugal par les troupes napoléoniennes est un épisode sanglant de l'Histoire totalement oublié des Français mais pas des Portugais, dont les souffrances sont dépeintes dans une grande fresque, "Les lignes de Wellington".

Servi par de nombreuses vedettes - certaines ne font qu'une brève apparition, comme Catherine Deneuve, Isabelle Huppert ou Michel Piccoli - ce film franco-portugais de 2 heures 31 minutes, réalisé par Valeria Sarmiento, montre une réalité cruelle, sans voyeurisme.

En septembre 1810, Napoléon occupe déjà l'Espagne. Ses troupes, emmenées par le maréchal Masséna (Melvil Poupaud), tentent pour la troisième fois d'envahir le Portugal. Mais Masséna est battu lors de la bataille de Buçaco par les Portugais et leurs alliés anglais, commandés par le duc de Wellington (John Malkovich).

Portugais et Anglais vont néanmoins battre en retraite, Wellington espérant attirer l'ennemi à Torres Vedras, où il a fait bâtir des fortifications. Les Français se heurteront à cette ligne défensive et ne parviendront jamais à atteindre Lisbonne.

Cette stratégie, couplée à une politique de la terre brûlée, plonge les populations dans l'exode. Le spectateur suit la longue marche d'hommes, de femmes, d'enfants souvent affamés, à travers les villages en ruine, les forêts incendiées, les cultures dévastées.

Certains résistent à l'envahisseur, d'autres profitent du désarroi général pour se laisser aller à leurs bas instincts.

On pense au Guerre et Paix de Tolstoï, le film mêlant grande Histoire et petites histoires, peinture romanesque et reconstitution historique. On s'attache à quelques personnages, le courageux lieutenant Pedro de Alencar (Carlotto Cotta), la jeune Anglaise dévergondée Clarissa Warren (Victoria Guerra), le revendeur ambulant Pena Branca (Miguel Borges), la prostituée Martirio (Soraia Chaves)...

"Il y a beaucoup de vestiges des invasions napoléoniennes au Portugal et les fortifications de Torres Vedras existent encore. C'est une part importante de l'histoire des Portugais", affirme Valeria Sarmiento dans le dossier de presse.

"L'Histoire, avec un H majuscule, se vit avant tout avec les petites gens, les petites histoires. Donner de l'importance au peuple portugais me semblait primordial", ajoute la réalisatrice.

Au départ, c'est son compagnon, le Franco-Chilien Raul Ruiz (Mystères de Lisbonne, Ce jour-là, Les âmes fortes...) qui aurait dû réaliser ce film. Mais après son décès en 2011 des suites d'un cancer, Valeria Sarmiento, sa compagne et monteuse, a décidé de prendre le relais.

Parmi les nombreux comédiens du film, apparaissent également dans des rôles plus ou moins importants Marisa Parades, Mathieu Amalric, Vincent Perez, Chiara Mastroianni, Elsa Zylberstein...

 

D'après AFP Relax News