"Les Invincibles", un film sur la pétanque, le racisme et l'intégration

"Les Invincibles"
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"Les Invincibles", réalisé par Frédéric Berthe, "retrace l'histoire d'un type qui veut devenir champion de pétanque sauf qu'il est maghrébin", résume l'un de ses interprètes, Atmen Kelif qui a eu l'idée du scénario.

Le "type", c'est Moktar (Atmen Kelif), surnommé Momo, gentil garçon d'origine algérienne dont la mère tient un restaurant de couscous alors que lui-même vit en organisant, avec son copain Jacky (Gérard Depardieu), un ancien champion de "boules", des tournois de pétanque truqués dans des villages provençaux.

L'annonce d'un tournoi international, organisé par le cynique Stéphane Darcy (Edouard Baer) bouleverse la vie de Momo, joueur hors pair mais complexé, victime du racisme de ses coéquipiers, qui parvient, grâce au fidèle Jacky et à la blonde et très déterminée Caroline (Virginie Efira) par s'imposer comme le capitaine de l'équipe de France, avant d'en être expulsé à la demande du sponsor de l'équipe, originaire du Qatar.

Envoyé en Algérie, où il n'a jamais mis les pieds, ne parlant même pas l'arabe, Momo en revient bientôt pour représenter l'Algérie au tournoi de pétanque, toujours accompagné de Jacky, qui demande pour l'occasion la nationalité algérienne.

"Pour moi, la pétanque, est un formidable vecteur d'intégration et de vivre ensemble", a expliqué Atmen Kelif en présentant, en avant-première à Marseille début septembre, cette comédie, bourrée de bons sentiments et de pas mal de clichés. Un film presque autobiographique car "si je remplaçais la pétanque par le théâtre, il pourrait s'agir de mon histoire", précise-t-il en ajoutant avoir voulu lancer "un grand cri d'amour à la France".

"Les Invincibles, on dirait un médicament, un médicament contre la connerie qui nous apprend la tolérance totale, après on devient invincible", a renchéri Gérard Depardieu devant les journalistes.

Le film qui "au début était un gag", selon Atmen Kelif, effleure aussi la question délicate des relations entre la France et l'Algérie, toujours marquées par le passé colonial. "Quelle est la différence entre un Arabe et un Pied-noir ?" demande en blaguant un des collègues de Momo. "L'Arabe est né en France", explique-t-il.

"Je voulais raconter ce qui se passe entre la France et l'Algérie et crier ce pardon presque dissimulé des deux côtés", a assuré Atmen Kelif.

La comédie frôle aussi l'humour noir pour décrire l'Algérie, "c'est super si tu n'aimes ni baiser, ni picoler ni sortir le soir", dit à un Momo sur le point d'être expulsé, un de ses compagnons d'infortune.

Une scène savoureuse du film, qui sort après la polémique née du départ de Gérard Depardieu en Belgique, montre un Jacky exigeant la nationalité algérienne.

D'ailleurs "je suis algérien, j'ai été élevé j'ai appris le français avec un Algérien", a revendiqué Depardieu devant le public marseillais, avec lequel il a visionné pour la première fois le film lors de l'avant-première.

"Les meilleures comédies viennent de grandes tragédies", leur a-t-il aussi assuré. De plus, "une fin heureuse avec des méchants qui sont punis et la beauté de l'amour, ça me fait plaisir", a-t-il confié.

"Dans votre pays, il y aura encore des histoires semblables", a-t-il souhaité, insistant sur "votre", dans une unique allusion à la polémique soulevée par sa récente nationalité belge.

Sortie le 25 septembre en Belgique.

 

AFP Relax News