"Les Heures Heureuses", une autre vision de la psychiatrie

“Les Heures Heureuses”, une autre vision de la psychiatrie
“Les Heures Heureuses”, une autre vision de la psychiatrie - © Bande A Part Films

Mêlant films d'archives, photographies et témoignages, le documentaire de Martine Reyes nous dévoile l'histoire exemplaire d'un hôpital psychiatrique qui mit la liberté au centre de ses préoccupations.

“Ici, on n’attachait pas les malades". Cette phrase, prononcée par un des soignants de l'hôpital Saint-Alban-sur-Limagnole, résume à elle seule la philosophie de ce haut lieu de la psychiatrie moderne. Des années 40 aux années 70, ce centre de la Lozère pratiqua une psychiatrie ouverte et axée sur la liberté, tant en termes d'espace que de créativité.

C'est à cet endroit hors du commun que la cinéaste Martine Dreyes a choisi de consacrer un documentaire. Avec un atout décisif en poche  : pendant des décennies, diverses personnes ont filmé la vie de l'hôpital. Ces images super 8, rassemblées par la réalisatrice dans “Les Heures Heureuses”, nous dévoilent une approche des maladies mentales qui ne ressemblent pas à celle qu’on connaît aujourd'hui ou qu'on a connue autrefois. À l'écran, ni camisole ni barreaux, mais des patients qui se mêlent aux membres du personnel indistinctement, vaquent à leurs occupations, se baladent et partent en vacances.

S'appuyant sur des témoignages de soignants, la cinéaste retrace l'histoire de lieu porté par le respect de l'autre et la liberté de chacun. Elle évoque sa transformation, sous l'impulsion de François Tosquelles, réfugié espagnol condamné à mort par le régime franquiste, ses difficultés financières, ou encore sa place dans la Seconde Guerre mondiale. Alors que la plupart des asiles français comptabilisèrent un nombre effroyable de morts, l'hôpital échappa à l'hécatombe, avec la complicité des habitants du village. Il fut un également un lieu de refuge et de résistance pour de nombreux artistes, parmi lesquels on retrouve Paul Eluard et Tristan Tzara.

La créativité semble d'ailleurs être le maître mot de l'hôpital  : pour ses pensionnaires, qui purent laisser libre cours à leur inspiration, mais aussi pour son personnel, qui repensa en son sein ce que pouvait être le rapport aux malades. C'est à une remise en question similaire que nous invite le doux et émouvant documentaire de Martine Dreyes. Et si la liberté était la réponse à bien des maux ?

 

Le film sera projeté le dimanche 20 septembre et le dimanche 25 octobre au Cinéma Nova, dans le cadre du cycle “A la folie”.