"Les Gorilles", copie métissée... mais pâle d'un "buddy movie" à la française

"Les Gorilles"
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Un garde du corps blasé, JoeyStarr, un débutant naïf, Manu Payet: "Les Gorilles" donne un coup jeune au "buddy movie" à la française avec un duo qui rappelle les Perrin-Campana de "La Chèvre", finesse en moins, vocabulaire fleuri en plus.

Croyez-le si vous voulez mais le rappeur JoeyStarr, 47 ans, avoue avoir un faible pour "L'Emmerdeur" (1973), comédie culte signée Edouard Molinaro (sur un scénario de Francis Veber) avec Lino Ventura en taiseux tueur à gages et Jacques Brel en amoureux abandonné et suicidaire.

Manu Payet, de huit ans son cadet, dit préférer les tandems formés dans les années 1980 par Gérard Depardieu et Pierre Richard dans "La Chèvre" ou "Les Compères", de Francis Veber, encore lui... Dans la même veine, il y eut avant eux Bourvil et De Funès dans "La Grande Vadrouille" ou "Le Corniaud".

Deux personnalités opposées, obligées de faire équipe contre leur gré et qui, au final, s'avèrent être complémentaires, c'est aussi la recette utilisée par Tristan Aurouet pour "Les Gorilles", son quatrième long métrage.

L'histoire: Alfonso (JoeyStarr), un agent du Service de haute protection des personnalités, dont l'humeur balance entre calme et agressivité, se voit associé à Walter (Manu Payet), porte-flingue novice, fan des célébrités, aussi exubérant que maladroit.

Ensemble, ils sont chargés d'assurer la protection d'une jeune star du R'n'B (Alice Belaïdi) menacée par son ex-petit ami, un criminel en cavale.

Contraste des personnages

"Ce duo, c'est ce qui m'a d'abord séduit pour faire ce film et puis, il y avait aussi le fait que ce soit Didier (Morville, alias JoeyStarr) qui joue l'autre personnage... le clown blanc (rires)." "C'est une idée de casting d'aujourd'hui, tropical, cyclonique parfois", a expliqué Manu Payet dans un entretien accordé à l'AFP, au côté de JoeyStarr.

S'il n'est pas familier de ce genre de rôles, le chanteur de NTM assure avoir "toujours été friand de la comédie à la française".

"Et puis, je disposais d'une belle canne blanche (en la personne de Manu Payet). Il est chez lui, il joue à domicile" avec ce type d'humour, explique-t-il.

Il est vrai qu'en fait de contraste, le binôme JoeyStarr-Payet est plutôt bien vu, entre un personnage de pitbull renfrogné d'une part et de roquet communicatif de l'autre.

Alors, un point commun entre les deux acteurs ? "Nous sommes tous les deux des îliens, d'où un vrai casting métissé", note JoeyStarr, qui est d'origine martiniquaise, Manu Payet étant natif de La Réunion.

"Nous sommes aussi deux reconvertis", embraie ce dernier, qui vient de la radio, où il a fait ses premières armes, quand JoeyStarr est issu de la scène rap française.

"C'est en partie ce qui donne son aspect contemporain au film. On arrive avec les codes de nos univers respectifs et on déconne juste un peu plus à l'écran que dans la vie", ajoute Manu Payet.

Truffé de cascades et de gags, le film est également très actuel par la verdeur de ses dialogues, à ne pas mettre entre toutes les oreilles...

Mais il manque au personnage de Walter la qualité première d'un Pignon ou d'un Perrin dans les films de Francis Veber: la pincée de subtilité qui fait que le naïf de service n'est pas aussi stupide qu'on veut bien le croire. Et finit par prouver aux malins qu'ils ne le sont pas tant que cela.