Le cinéma de mai 68 prend Flagey d'assaut

"Innocents - The Dreamers" de Bernardo Bertolucci
"Innocents - The Dreamers" de Bernardo Bertolucci - © Tous droits réservés

A l'occasion du cinquantième anniversaire de mai 68, le cinéma de Flagey propose une programmation de films qui fleurent bon la contestation, la contre-culture et le refus des conventions.

L’impact de Mai 68 sur notre culture est indéniable. Outre son influence politique et sociale, on peut en trouver ses traces dans la mode, la littérature, la musique, et bien sûr le cinéma. Un terrain riche, que la maison culturelle de Flagey entend explorer au travers d’une sélection de dix films, projetés jusqu’au 29 mai.

Au programme de ce cycle (intitulé " Contestation et idées des sixties "), des films qui traitent de Mai 68 de manière souvent… indirecte. "Milou en mai" de Louis Malle utilise les événements qui ont secoué Paris comme toile de fond, mais raconte surtout la dispute d’une famille bourgeoise de province. Plus proche des conflits entre étudiants et policiers, "Innocents - The Dreamers" de Bernardo Bertolucci les élude à moitié, mettant en scène les aventures sexuelles et cinéphiles d’un trio à Paris, partagé entre hédonisme et action politique.

Les héritiers de Mai 68 ont également leur place dans la programmation, comme "L'an 01" de Jacques Doillon, Alain Resnais et Jean Rouch, une joyeuse rêverie anarchiste qui imagine une société abandonnant l’économie de marché. "Tout va bien" de Jean-Luc Godard joue sur un terrain similaire, racontant une grève d’usine qui amène à la séquestration du patron. Plus concret, le documentaire "Histoires d'a" de Charles Belmont et Marielle Issartel défend le droit à l'avortement. 

Le point de vue américain sur la même époque sera également mis en avant au travers de films plutôt musicaux : on pourra voir "Hotel Woodstock" d’Ang Lee, qui revisite le fameux concert-événement, "The Doors" d'Olivier Stone, centré sur le charismatique leader du groupe, Jim Morrison, ou encore "I'm not there" de Todd Haynes, le portrait kaléidoscopique de Bob Dylan.

Moins léger, le biopic colossal de Spike Lee "Malcolm X" (3h22 de film, rien de moins) sera également à l’affiche, au même titre qu’un autre film traitant du racisme dans les années 60 : "La Couleur des sentiments". Une poignée d’œuvres très variées donc, partagées entre utopie, luttes, promesses et désillusions.

 

Le programme complet est disponible sur le site de Flagey.