Le César du meilleur premier film attribué à "Petit paysan"

Hubert Charuel, Sara Giraudeau et Swann Arlaud
Hubert Charuel, Sara Giraudeau et Swann Arlaud - © THOMAS SAMSON - AFP

"Petit paysan" d'Hubert Charuel, film sur les angoisses du monde paysan à travers le portrait d'un éleveur confronté à une épidémie, a remporté vendredi le César du meilleur premier film.

"Je remercie l'Académie d'avoir récompensé un film de ploucs sur les ploucs, fait par un gros plouc", a lancé Hubert Charuel, 32 ans, fils d'agriculteurs, en recevant son prix à la Salle Pleyel à Paris.

"Je veux dire un mot pour tous les paysans et toutes les paysannes, dont je ferai toujours un peu partie. Etre seul et se sentir seul sont deux choses différentes. Seuls, vous ne l'êtes pas: votre histoire, vos vies intéressent, le succès du film en est la preuve. Alors s'il vous plaît, faites-vous entendre, il faut qu'on parle de vous, il faut qu'on parle de nous", a ajouté le cinéaste, dont le film a été tourné en grande partie dans l'exploitation familiale, à Droyes, en Haute-Marne.

Remarqué à la Semaine de la Critique à Cannes, "Petit paysan" a attiré plus de 500.000 spectateurs en salles et a été nommé huit fois aux César.

Le film raconte l'histoire de Pierre, interprété par Swann Arlaud, un éleveur qui voit son monde s'écrouler quand il découvre qu'une de ses vaches saigne dans le dos, symptôme d'une maladie qui fait penser à la vache folle ou la fièvre aphteuse.

Afin de ne pas perdre la trentaine de vaches de son troupeau, il supprime l'animal malade, cache la vérité aux autorités sanitaires et ment à sa soeur Pascale, vétérinaire, dont il est très proche, jouée par Sara Giraudeau.

Rapidement une question vient le hanter: et si d'autres bêtes étaient malades? Et si tout le troupeau était contaminé? L'étau se resserre autour de lui.

Puisant dans sa connaissance du monde paysan, Hubert Charuel, formé à la prestigieuse école de cinéma de la Fémis, montre avec précision les gestes du quotidien (traite, contrôle sanitaire) dans un élevage et la routine de ce métier, tout en injectant une bonne dose de suspense dans son film, qui s'oriente alors vers un thriller.