La zone Nord projette "Black" pour sensibiliser les intervenants aux bandes urbaines

Bilall Fallah et Adil el ArBi
Bilall Fallah et Adil el ArBi - © FILIP DE SMET - BELGA

A l'initiative du chef de corps de la zone Bruxelles-Nord Frédéric Dauphin, une projection spéciale du film "Black" d'Adil El Arbi et Bilall Fallah a été organisée, jeudi après-midi au théâtre 140 à Schaerbeek, pour quelque 250 membres de la police, des magistrats, et des agents de prévention. Cet événement s'inscrit dans le cadre des projets de sensibilisation autour du phénomène des bandes urbaines et coïncide avec le lancement du DVD.

L'histoire est celle de deux jeunes Bruxellois qui cherchent à s'extirper de leur bande rivale pour parvenir à vivre leur histoire d'amour. Un débat a suivi la projection.

"Je pense que la dureté reflète une certaine réalité des bandes urbaines", a commenté Frédéric Dauphin. Le film "reflète peu par contre l'approche commune qu'on essaie de mettre en place avec les services de prévention et la justice", regrette le chef de corps, qui pense que ces collaborations doivent encore être approfondies en dépassant les a priori de chacun, et pourraient être élargies au secteur socio-éducatif.

S'il a choisi de se concentrer sur l'histoire d'amour et les liens des deux personnages principaux avec leur bande respective, Adil El Arbi n'écarte pas la possibilité de développer cet aspect social du travail policier dans un prochain projet, en faisant référence à la série américaine "The Wire". "Les agents de police essaient de mieux connaître ces jeunes psychologiquement et ne les voient pas uniquement comme des délinquants dont on se fout. Avec les bandes urbaines comme avec le terrorisme, on a vu que proposer principalement répression et laxisme ne marche pas."

Ses motivations à montrer un viol collectif dans "Black" sont autres. "En Belgique, on estime qu'il y a environ 100 viols par jour et seuls quelques pourcents aboutissent à une condamnation. Les viols sont peu punis et peu montrés dans les films. C'est pour ces raisons qu'on a voulu en parler dans un film grand public. C'est aussi le traumatisme principal de ces filles qui entrent dans des bandes urbaines et qui sont prises pour des objets."


Belga