La vie et l'oeuvre du dessinateur Tom of Finland au cinéma

Pour la première fois, la vie et l'œuvre de Tom of Finland, dessinateur culte du fétichisme gay, célébrant de la pointe de ses crayons la masculinité et la virilité, est portée à l'écran dans un biopic du même nom.

Célébré comme une star en Finlande, son pays natal qui lui a consacré des timbres postaux après les temps de censure, Tom of Finland, de son vrai nom Touko Valio Laaksonen, est décédé en 1991 à l'âge de 71 ans. Il assumait une œuvre constituée de dessins masturbatoires avec des silhouettes bodybuildés aux sexes turgescents, nés d'abord dans une démarche personnelle de libération et de sortie du placard en pleine Seconde Guerre mondiale.

"Mes dessins s'adressent surtout aux hommes opprimés, incompris, qui pensent avoir raté leur vie. Je veux les encourager, leur dire d'être fiers de ce qu'ils sont et de ce qu'ils font", expliquait Tom of Finland, dont les dessins sont régulièrement exposés.

Connue dans le monde entier, l'œuvre de Tom of Finland a inspiré de nombreux artistes et créateurs, y compris dans la mode, des photographes Rob Mapplethorpe et Pierre et Gilles aux stylistes Jean Paul Gaultier et Tom Ford. Il a aussi directement inspiré le look du chanteur Freddie Mercury et du célèbre groupe disco Village People.

Réalisé par le Finlandais Dome Karukoski, le biopic raconte la vie et l'oeuvre singulière de Touko Valio Laaksonen, officier héroïque de la Seconde Guerre mondiale, de retour en Finlande.

La vie à Helsinki n'est pas de tout repos, surtout pour un homosexuel avant les années 50.

"La persécution contre les homosexuels est insidieuse, les contraignant le plus souvent à se marier et avoir des enfants. Touko trouve alors refuge dans l'art dessinant dans le plus grand secret des hommes musclés, désinhibés et fiers d'être gays", raconte le réalisateur dans la note d'intention du film.

Tom of Finland ne dessine presque jamais un homme entièrement nu: "Un homme nu, c'est beau bien sûr, mais mettez-lui un cuir noir ou un uniforme, et il sera encore plus beau, encore plus sexy ! (...) J'ai voulu montrer des hommes gays heureux, des hommes qui vivaient bien leur homosexualité".

"Quand j'ai terminé un dessin, si je bande, c'est qu'il est bien!", résumait-il.