La vie d'Adèle Exarchopoulos poursuit sa course ascendante

Adèle Exarchopoulos
Adèle Exarchopoulos - © PATRICK KOVARIK - AFP

A peine le grand public l'avait-il découverte qu'elle était déjà au firmament. Palme d'or à Cannes pour son rôle dans "La Vie d'Adèle", en 2013, Adèle Exarchopoulos poursuit sa course ascendante avec un nouveau film sur la Croisette et un autre, en tournage, devant la caméra de Sean Penn.

A 21 ans, elle a encore le tutoiement facile et pousse des "oh la la !" si vous lui dite "Merci madame". Elle a toujours ses joues rondes, ses yeux noirs qui pétillent et son ton gouailleur.

Adèle Exarchopoulos n'est pas loin d'être l'adolescente qu'elle était au moment du tournage de "La Vie d'Adèle", cette histoire d'amour passionnel entre deux jeunes filles, qui lui a valu une Palme d'or, avec le réalisateur Abdellatif Kechiche et sa partenaire Léa Seydoux.

Le prix des prix, dont certains acteurs rêvent toute leur vie, décerné par le "boss" Steven Spielberg, président du jury cette année-là. De ces récompenses qui pourraient facilement vous faire "péter les plombs". Mais pas elle.

Pas blasée pour deux sous Adèle, malgré les voyages, les robes, les unes des magazines. Nature, vive et instinctive, elle garde la "tête froide" et reste "hallucinée" par tout ce qui lui arrive.

Comme quand l'acteur et réalisateur américain Sean Penn demande à la rencontrer dans les coulisses d'une cérémonie à Los Angeles et lui dit que "La Vie d'Adèle" est un "poème humain", avant de lui proposer un rôle dans son prochain film, "The Last Face". Le tournage est toujours en cours, notamment en Afrique du Sud et en Australie.

"Le premier jour (de tournage), il y a quelque chose d’irréel. Je me dit que quelqu'un va venir me chercher et me dire que c'était une blague et que je dois lui apporter un café", raconte à l'AFP cette Parisienne, fille d'un professeur de guitare et d'une infirmière.

'Made in USA'

Pour couronner le tout, elle côtoie les deux méga-stars Charlize Theron et Javier Bardem dans cette grosse production américaine qui raconte l'histoire d'amour entre un médecin humanitaire et la directrice d'une agence d'aide internationale en Afrique, sur fond de rébellion.

"Je joue une jeune volontaire qui s'occupe de réfugiés, alors j'ai dû travailler mon anglais avec une coach", explique-elle.

De cette expérience sous l’œil de Sean Penn, elle retient aussi une méthode de travail, "made in USA". "C'est beaucoup de travail, une précision, une anticipation, des moyens aussi, qu'on a pas forcément ici en France", souligne-t-elle.

A nouveau à Cannes, elle y présente cette année "Les Anarchistes" un film d'époque signé d'Elie Wajeman qui ouvrait jeudi la section parallèle de la Semaine de la critique.

Situé dans le Paris de la fin du 19e siècle, le film raconte l'histoire d'amour entre un jeune policier (Tahar Rahim), infiltré dans un groupuscule anarchiste, et l'une de ses membres, Judith, qu'elle incarne.

"Il a fallu que je m'imprègne de cette notion politique et dans cette période. J'ai dû m'adapter à la langue de l'époque, aux costumes", explique l'actrice.

"Ce qui est intéressant dans le personnage de Judith, c'est qu'il est rempli de failles, tiraillé entre ses sentiments et ses convictions (...) Elle est devenue anarchiste par amour et non par haine", ajoute-t-elle.

Alors, où trouve-t-on autant d'émotion à un si jeune age ?

"On travaille beaucoup en amont du film, puis on se laisse aller, on s'abandonne dans le regard du réalisateur, dans le partage avec les partenaires."