La télévision à la carte, le futur du petit écran

Regarder un programme télévisé sur un autre écran devient de plus en plus habituel, particulièrement auprès des jeunes téléspectateurs
Regarder un programme télévisé sur un autre écran devient de plus en plus habituel, particulièrement auprès des jeunes téléspectateurs - © Stokkete/shutterstock.com

À l'heure où les programmes audiovisuels ne se regardent plus uniquement à la télévision, les diffuseurs, les plates-formes et les créateurs doivent redoubler d'imagination pour se démarquer de la concurrence et apprivoiser un public de moins en moins présent à heures fixes devant son téléviseur.

Finie l'époque où les téléspectateurs se réunissaient tous devant leur télévision pour suivre leurs programmes télévisés en direct. Dorénavant plus volatile, le public souhaite consommer des contenus quand et où bon lui semble, qu'ils soient gratuits ou payants.

Ce phénomène de délinéarité est d'autant plus vrai avec la génération Z, des téléspectateurs nés après 1995 qui ont grandi avec internet, dont ils font un usage quotidien. Ces adeptes des smartphones, des réseaux sociaux et des sites de partage de vidéos se détournent des médias autrefois classiques, à savoir la presse écrite, la radio et la télévision. Même la génération précédente, la Y ou du millénaire (née après 1980), adoptent largement ce mode de consommation. Au Canada, 60% des 18-34 ans ont regardé en entier un programme sur internet au cours du dernier mois, selon une étude Eurodata Worlwide publiée par Médiamétrie ce lundi 4 avril à l'occasion de l'ouverture du MipTV de Cannes.

+7% d'audience grâce au différé

Face à la multiplication des écrans, aidée par la démocratisation des smartphones, tablettes et ordinateurs, et la délinérité (enregistrements ou replay), les mesures d'audience ont dû s'adapter. Sur les 89 pays étudiés par l'étude, 26 mesurent déjà l'audience en différé ou en replay. Et ces scores ne sont pas négligeables puisqu'en 2015, le délinéarisé représentait 7% des audiences en moyenne, soit environ quinze minutes quotidiennes de plus.

Peu de pays prennent cependant en compte ce genre de technique. 31 mesurent les audiences des enregistrements, 21 des replay, 14 incluent les chiffres de la télévision regardée sur ordinateur, 6 sur tablettes et smartphones. Mesurer l'audience d'un programme sur les quatre écrans et l'intégrer à la mesure officielle va rapidement devenir courant. En 2016, sept pays, dont la France, vont s'y mettre.

La TV en compétition avec les plates-formes SVOD

L'apparition de plates-formes vidéo comme Netflix, Amazon ou Hulu ont par ailleurs accentué l'effet "à la carte" pour les téléspectateurs. Les contenus peuvent être regardés à n'importe quel moment du jour comme de la nuit et plus besoin d'attendre la semaine suivante pour découvrir le prochain épisode de sa série préférée puisque certains, comme Netflix, mettent en ligne une saison complète le même jour.

Face à cette concurrence féroce, diffuseurs, plates-formes et créateurs doivent désormais déborder de créativité afin de rassasier des téléspectateurs avides de contenus originaux, attractifs et innovateurs. Netflix, présent en 2016 dans 190 pays, propose des programmes plus ancrés localement, par exemple. YouTube a sorti une plate-forme payante et sans publicité, pour le moment disponible uniquement aux États-Unis.

Cette problématique et ses questions seront évoquées cette semaine au MipTV de Cannes, notamment lors du MIP Digital Fronts, un programme consacré à la créativité et à l'innovation des contenus.