La semaine cinéma de Cathy Immelen, avec le film polémique du moment, "Chez nous" de Lucas Belvaux

Chez nous
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Chez nous - © Photographer:JEAN-CLAUDE LOTHER

"Chez nous", c’est le film polémique du moment, celui dont la bande annonce a fait hurler les représentants du Front National. Et ça nous rend déjà le film plutôt sympathique… "Chez nous", du réalisateur belge Lucas Belvaux se déroule dans une commune fictive du Nord de la France. Une jeune infirmière est embrigadée par les représentants d’un parti populiste qui cache ses racines d’extrême droite. Toute ressemblance avec un parti nauséabond emmené par une femme politique blonde n’est évidemment pas fortuite.

"Chez nous", un film qui fait peur, notamment sur les processus "démocratiques" des partis politiques en général et de l’extrême droite en particulier. J’ai été surtout interpellée par tous ces petits moments qui nous démontrent la banalisation totale du discours raciste et la souffrance d’une France qui tombe trop facilement dans le populisme. Bon, c’est parfois démonstratif et un peu artificiel au niveau du scénario mais "Chez nous" a la grande pertinence de provoquer le débat. Emilie Dequenne, encore une fois parfaite face à la caméra de Lucas Belvaux

Patients

Voici un film qui met lui aussi en lumière un sujet qu’on n’a parfois peur de regarder en face : le handicap. Ce film, très réussi, s’intitule "Patients" et c’est la première réalisation de Grand Corps Malade, l’artiste slameur au timbre de voix si reconnaissable qui porte à l’écran son livre autobiographique. Le récit de son année de convalescence dans un centre de rééducation pour handicapés lourds. Justesse, pudeur et même humour au programme ! Un récit touchant qui évoque frontalement le handicap mais jamais de façon démonstrative ou pesante. Un film qui respire surtout la vie grâce à son humour omniprésent. On passe du rire aux larmes sans jamais s’apitoyer sur les personnages. "Patients" : une belle réussite sur toute la ligne. C’est mon gros coup de cœur de la semaine !

T2 Trainspotting

Alors là, attention, grosse pression sur les épaules de Danny Boyle : il y a 20 ans, il réalisait un film qui deviendra culte pour toute une génération, "Trainspotting", le symbole ciné du mouvement culturel Cool Britannia. LE film trash, drogue et rock&roll des années 90 avec un inoubliable quatuor de toxicomanes d’Édimbourg et l’une des bandes originales les plus démentes de l’époque. Quelques notes d’Iggy Pop, et hop, ceux qui avaient 15 ans à l’époque comme moi, se revoient dans leur chambre d’ado à fantasmer sur Ewan McGreggor !

"Trainspotting 2", quel grand plaisir nostalgique de revoir ces personnages têtes à claques mais si attachants. C’est moins glauque que le premier, les héros sont plus "désenchantés" mais j’ai adoré découvrir ce qu’ils étaient devenus. Le scénario est plutôt mince mais la mise en scène de Danny Boyle est toujours aussi énergique et hyper moderne….

Logan

Wolverine, le mutant affublé de griffes est de retour ! Oui, mais rien de neuf sous le soleil des franchises de super héros me direz vous… sauf que ! Cette fois c’est la der des der pour Hugh Jackman, "Logan", puisque c’est le titre de cette ultime épisode de Wolverine, embarque le mutant le plus sombre des X-Men dans une aventure crépusculaire. Un road movie sombre et brutal mis en scène par James Mangold, le réalisateur de "Walk the line", entre autres.

Alors, attention/ warning/ pas op : si votre truc, c’est les top-biches moulées dans des tenues en Lycra défiant les lois de la gravité, virevoltant dans des combats interminables, les blagues plus ou moins drôles et les gadgets à la pelle, passez votre chemin, ce film n’est PAS pour vous.

Logan, c’est l’antithèse des Avengers : la cavale sans issue d’un homme aux abois et de sa furieuse protégée. C’est aussi le film qui permet à Hugh Jackman de clore 17 ans d’incarnation de Wolverine. Et ce, en toute beauté, parce que même si on peut dire que le scénario est plutôt mince, le portrait que James Mangold dresse de ce mutant survivant et de la façon dont notre société le traite, est radical et salutaire.