La semaine cinéma de Cathy Immelen avec l'Embarras du choix

L'embarras du choix
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L'embarras du choix - © DR

Cette semaine, avec toutes les nouveautés en salles, vous aurez particulièrement l’embarras du choix… Et justement, la comédie de la semaine s’intitule "L’embarras du choix".

L'embarras du choix

C’est le nouveau film d’Eric Lavaine : après l’énorme succès surprise de "Retour chez ma mère" l’année dernière, il retrouve l’actrice qui lui a porté chance : la pétillante Alexandra Lamy. Mais malheureusement, le film est un peu paresseux, et on a vu le réalisateur plus inspiré.. On lui accordera un bon point pour les seconds rôles, et particulièrement Jérôme Commandeur qui est très bien, et un autre bon point pour les chouettes influences comme le jeu d’Alexandra Lamy à la Cameron Diaz et l’esprit feel-good très comédie romantique américaine.

Nous allons parler à présent d’un film choc : "Grave". Choc ,c’est le qualificatif, "Grave", c’est le titre du film. C’est le premier long-métrage assez inclassable de Julia Ducournau, une réalisatrice française hyper talentueuse et très prometteuse. Dans son film, elle s’intéresse à une jeune fille végétarienne qui va devenir petit à petit cannibale lors de ses études de vétérinaire ! Un film tourné en grande partie aux facultés vétérinaires de l’Université de Liège.

Alors, pour créer le malaise, on peut dire que cette jeune réalisatrice sait y faire. Grave, un vrai film de genre, au pluriel : à la fois thriller, film d’horreur avec des scènes bien dégoûtantes, bien glauques comme il faut, un ton et une atmosphère unique. Enfin, une voix dissonante dans le cinéma français ! C’est du grand art, mais ce n’est franchement pas pour tout public ! Comme si David Cronenberg avait trop regardé " Massacre à la tronçonneuse " !

The Lost City of Z

Nous allons rester dans les ambiances étranges, avec également un peu de cannibalisme aussi même si on n’est pas du tout dans un film d’horreur. Voici "The Lost City of Z", comme on le prononce à la British. C’est le nouveau film de l’un des cinéastes américains les plus brillants de notre époque, le grand James Gray avec, pour la première fois, une histoire vraie, celle de Percy Fawcett, un explorateur anglais obsédé par l’éventuelle existence d’une civilisation perdue au fin fond de l’Amazonie.

"The Lost City of Z", un magnifique exercice de style de la part de James Gray. L’ambiance est envoûtante, chaque plan est composé comme un tableau, c’est vraiment très beau. Cette tragédie sur la quête de soi charrie énormément de contenu, mais encore une fois, comme dans "The Immigrant", l’émotion ne vient pas. Trop de maîtrise, peut-être.. Mais on peut toujours revoir le James Gray de "La nuit nous appartient", de "Little Odessa" et de "Two Lovers".

La langue de ma mère

Tom Lanoye, vous ne connaissez peut-être pas mais c’est la super star de la littérature en Flandres, c’est l’écrivain flamand contemporain le plus lu et le plus traduit. Un de ses best-seller, même du côté francophone, c’est "Sprakeloos", " La langue de ma mère ". Une autobiographie très touchante qui est aujourd’hui adaptée au cinéma. Tom Lanoye est d’ailleurs très ému d’en parler puisque dans ce livre, il nous raconte les deux dernières années de la vie de sa maman. Après une attaque, elle avait perdu la parole… Elle qui était comédienne, bavarde et coquette, la voilà très diminuée. Pendant qu’il prend soin d’elle, il nous raconte aussi ses souvenirs de jeunesse dans la petite ville flamande de Sint-Niklaas.

"La langue de ma mère", un film à la fois très belge et très universel. Belge parce qu’on y retrouve bien l’ambiance de chez nous, surtout dans les parties qui se déroulent dans le passé dans cette famill et universel parce que je pense qu’il n’y a pas douleur et d’émotion plus intense que la perte d’une maman.
Je vous préviens : on prépare ses mouchoirs parce que même si le film est très pudique, c’est quand même un vrai crève-cœur cette histoire… avec une très belle découverte aussi de l’actrice flamande Viviane de Muynck : l’implication d’une Meryl Streep, le charisme d’une Signoret !

Paris pieds nus

Abel et Gordon, voilà un duo de cinéma totalement irrésistible ! Un duo de clown burlesques, en couple sur scène comme dans la vie qui nous a déjà régalé avec des films poétiques et tendres comme "La Fée" et "Rumba". Tout autant inspirés par Tati que Chaplin, ces rois de l’humour physique et visuel nous embarquent cette fois à Paris pour une aventure rocambolesquissime : "Paris pieds-nus" !

"Paris pieds nu" est un bijou de poésie, de tendresse, bourré d’inventivité ! Abel et Gordon vont encore plus loin dans l’audace de leur humour, il y a vraiment des scènes hilarantes. J’aime beaucoup aussi la fraîcheur de leur regard sur Paris qui a pourtant déjà été pourtant filmé de toutes les manières possibles. C’est extrêmement réussi ! C’est aussi le l’occasion de voir pour la dernière fois sur grand écran la comédienne Emmanuelle Riva qui nous a quitté il y a quelques mois.

De plus belle

Et mon ultime coup de cœur de la semaine va au duo Florence Foresti/Matthieu Kassovitz à l’affiche du film "De plus belle". Une comédie douce-amère qui permet à Foresti de nous offrir un magnifique contre-emploi dans le rôle d’une femme qui se remet doucement d’une chimiothérapie. Elle ne sent pas trop au top de sa féminité ni de la séduction dans l’absolu, elle ne comprend même pas qu’un type aussi beau que Matthieu Kassovitz s’intéresse à elle…

"De plus belle", c'est beaucoup de justesse et d’émotion. Florence Foresti nous épate par la retenue de son jeu, Matthieu Kassovitz lui est au meilleur de son charme, les seconds rôles amènent un petit grain de folie, il y a un joli message sur la femme et ses complexes physiques aussi. J’aime beaucoup !

Traque à Boston

Et pour terminer, juste pour information, sort aujourd'hui "Traque à Boston" ou "Patriots day" pour le titre original, une reconstitution très précise de l’attentat du marathon de Boston en 2013 et surtout de la chasse à l’homme les jours suivants. On dirait un épisode des Experts ou une émission spéciale sur BFM TV, mais est-ce que’on a vraiment envie d’aller au cinéma pour voir ce qu’on nous débite à longueur de journal télévisé… j’ai quelques doutes !

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