"La loi du marché", Vincent Lindon dans un drame social

La loi du marché

 

Dans " La loi du marché ", Vincent Lindon incarne Thierry, un quinquagénaire, chômeur depuis plus d’un an et demi. Père d’un enfant handicapé, cet homme aux abois va accepter un travail d’agent de surveillance dans un supermarché… Mais dénoncer des petits voleurs, y compris ses propres collègues, est-ce vraiment un boulot pour lui ?

Depuis plusieurs années, Vincent Lindon s’investit de plus en plus souvent dans des drames sociaux ; souvenons-nous par exemple du magnifique " Welcome ", dans lequel il incarnait un maître-nageur qui tentait d’aider un réfugié à Sangatte…

Pour accentuer le réalisme des séquences dans " La Loi du marché ", le réalisateur Stéphane Brizé a placé, face à Lindon, des acteurs non professionnels qui jouent leurs propres rôles, d’employé de banque, de conseiller recruteur, de vigile… L’alchimie entre ces nouveaux visages et l’acteur français fonctionne très bien à l’écran.

Les limites du film sont ailleurs, dans cette volonté de rester dans une photographie très terre à terre d’une situation difficile. Parfois, on aurait aimé que le film décolle vers un peu plus de romanesque. Certains comparaient " La loi du marché " au cinéma des frères Dardenne.

Mais la différence fondamentale, c’est que les Dardenne se servent du réalisme pour bâtir des tragédies presque intemporelles. Brizé, lui, lorgne plus vers le style du reportage pris sur le vif que vers celui d’un cinéma de fiction qui prend du recul sur l’époque qu’il décrit.

4 images
Joachim Trier, Isabelle Huppert et Gabriel Byrne © AFP PHOTO / ANNE-CHRISTINE
Isabelle Huppert à Cannes © AFP PHOTO / VALERY HACHE

Louder than bombs

 

Isabelle Reed (Isabelle Huppert) était une photographe de guerre réputée. Trois ans après son décès dans un accident de voiture, un musée new-yorkais veut lui consacrer une exposition. A cette occasion, son mari (Gabriel Byrne) est obligé de remuer ses souvenirs… et ses questions : s’agissait-il d’un accident ou d’un suicide ? Sa femme était-elle devenue dépressive à force de photographier les horreurs du monde ? Ces questions, le veuf sait qu’il va devoir les aborder avec ses deux fils, et surtout son benjamin, un adolescent renfermé qui refuse le dialogue…

Il y a beaucoup de thèmes dans " Louder than bombs " : le métier difficile de photographe de guerre, la difficulté du couple avec ce métier, l’incommunicabilité entre un père et son fils. Des thèmes que Joachim Trier esquisse plus qu’il ne fouille, avec un style allusif et parfois pas assez incarné. Plus que Huppert – qui ne surprend plus, surtout pas dans ses films tournés en anglais où elle incarne toujours la même french wife - , c’est Gabriel Byrne qui tire son épingle du jeu dans ce " Louder than bombs " un peu décevant.

 

Hugues Dayez