L'interview intégrale d'Angelina Jolie

Angelina Jolie à la première d'Unbroken à Londres en novembre 2014.
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Angelina Jolie à la première d'Unbroken à Londres en novembre 2014. - © AFP PHOTO / JUSTIN TALLIS

Hugues Dayez a rencontré l'actrice-réalisatrice Angelina Jolie pour son film "Unbroken" qui sort en salles cette semaine.

Deux défis attendaient la réalisatrice quand elle a voulu faire un film sur la vie de , à partir de la biographie de Laura Hillenbrand : d'abord, il s'agit de s'emparer d'une histoire vraie, ensuite, c'est un film d'époque.

Angelina Jolie explique à Hugues Dayez qu'elle a été très touchée par le livre, et ensuite, par sa rencontre avec Louie Zamperini. Sa priorité a été de partager son émotion tout en respectant l'homme.

L'interview intégrale d'Hugues Dayez

La critique d'Hugues Dayez : Unbroken (Invincible)

Quel destin que celui de Louie Zamperini ! Cet Américain d’origine italienne a d’abord remporté une Médaille d’Or aux Jeux Olympiques de Berlin comme champion de course à pied. Enrôlé dans l’aviation pendant la Seconde guerre mondiale, Louie voit son zinc plonger dans la mer, abattu par les tirs de l’ennemi… Rescapé dans un canot de sauvetage en plein Océan Pacifique, Louie survit 47 jours avant d’être recueilli par des militaires japonais et emmené dans un camp de prisonniers de guerre où il devra subir les violences d’un cruel officier nippon…

Ce destin bigger than life, Hollywood voulait le porter à l’écran depuis des décennies (Un premier projet avec Tony Curtis date de 1957), mais tous les scénaristes se heurtaient à la difficulté : comment raconter toutes ces péripéties en un seul film ? Finalement, c’est Angelina Jolie qui a pu s’emparer du projet, en pouvant s’appuyer sur un livre biographique récent de Laura Hillenbrand, et sur un scénario des frères Coen. " Unbroken " est construit comme un drame en trois actes, enrichi d’un flashback sur la jeunesse d’athlète de Zamperini. La première partie est de loin la plus saisissante : le spectateur se retrouve transporté en plein ciel, dans le cockpit de l’avion, avec la même vigueur qu’il l’était dans l’habitacle d’un tank dans " Fury ". La deuxième partie sur le canot de sauvetage est aussi bien maîtrisée sur le plan dramatique. En revanche, le dernier volet dans le camp japonais souffre de la comparaison avec un grand classique, " Furyo " d’Oshima, avec Ryuchi Sakamoto et David Bowie. Le duel entre l’officier sadique et Louie, qui brave tous les supplices, exhale un parfum de " déjà vu "…

En définitive, Jolie livre un film de facture très classique, aidée par une armée de grands professionnels (le chef opérateur Roger Deakins, le compositeur Alexandre Desplat). Elle semble un peu s’effacer derrière son sujet, livrant une ode à la gloire de Zamperini. Pour l’anecdote, ce dernier a pu voir le film terminé, avant de rendre son dernier souffle en juillet dernier, à l’âge de 97 ans…