L'interview de Cédric Kahn pour "Vie Sauvage"

Le réalisateur Cédric Kahn au micro d'Hugues Dayez
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Le réalisateur Cédric Kahn au micro d'Hugues Dayez - © RTBF

Hugues Dayez a rencontré le réalisateur pour ce film "moitié western moitié mélo", qui sort en salles cette semaine. L'interview intégrale.

Le film commence abruptement: une mère de famille profite de l’absence de son compagnon pour quitter la roulotte où ils vivent et ramener ses enfants chez ses parents… On comprend assez rapidement que, épuisée par une vie de bohème, elle veut pour elle et ses garçons "rentrer dans le rang" et mener une existence plus rangée.

Mais son homme, Philippe Fournier, ne l’entend pas de cette oreille: privé de la garde de ses fils, âgés de six et sept ans, il décide de les kidnapper pour les élever à sa manière. Adepte d’une vie proche de la nature à la manière des Indiens d’Amérique, rebelle à la société de consommation, Philippe alias Paco emmène ses fils dans une longue cavale, dans des gîtes montagnards, dans des communautés éphémères, dans des expériences rustiques… Le jeu de cache-cache avec les autorités va durer onze ans, et forger l’identité des deux enfants, appelés "Okyesa" et "Tsali".

Cédric Kahn s’inspire directement de l’ "affaire Xavier Fortin", qui a éclaté au grand jour en 2008, à la fin de la cavale de ce père aveuglé par son utopie. Et même s’il a consulté les principaux protagonistes de cette affaire, par respect pour leur histoire, Kahn livre un vrai film romanesque, avec un souffle et un point de vue.

S’il qualifie lui-même "Vie sauvage" de "moitié western moitié mélo", Kahn livre aussi un film qui pose plein de questions interpellantes: entre l’éducation conforme à la norme voulue par la mère, qui peut tuer l’originalité et l’initiative individuelle, et cet apprentissage ultra-marginal imposé par le père, en rupture de la société et en communion avec la nature, qui a tort et qui a raison? Où se situent le bien et le mal? Cédric Kahn se garde bien de juger ses personnages, de verser dans un film manichéen. Ce qui l’intéresse au premier chef, c’est de filmer les émotions complexes de tous les acteurs de ce drame, et les déchirements de ces enfants lorsqu’arrive l’adolescence. Pour réussir "Vie sauvage", le cinéaste avait besoin d’acteurs convaicants.

A côté des parents (Mathieu Kassovitz et Céline Sallette, impeccables), les vraies révélations du film, ce sont les enfants et les adolescents (David Gastou, Romain Depret, Sofiane Neveu, Jules Ritmanic), impressionnants de justesse.

L'interview intégrale d'Hugues Dayez

La bande annonce

La séquence JT d' Hugues Dayez

L'affiche du film