L'interview de Bouli Lanners pour "Tous les chats sont gris"

Bouli Lanners, réalisateur, acteur, auteur
Bouli Lanners, réalisateur, acteur, auteur - © BELGA PHOTO NICOLAS LAMBERT

Hugues Dayez a rencontré Bouli Lanners, l'acteur est à l'affiche du premier film de Savina Dellicour. L'interview intégrale.

Dans "Tous les chats sont gris", Bouli Lanners troque la casquette de réalisateur pour celle d'acteur : une expérience qui est toujours enrichissante pour lui, parce que ça l'oblige à se confronter à un autre monde.

Il avait été conquis par le premier court métrage de Savina Dellicour, il a beaucoup apprécié le scénario du long métrage, et surtout l'écriture ouverte et constructive de la réalisatrice.

En témoigne la construction de son personnage, qu'ils ont travaillé, écrit, récrit ensemble, pour arriver à un résultat très convaincant.

 

La critique du film

Savina Dellicour. Ce nom est encore inconnu chez nous, mais il mérite d’être retenu : cette jeune cinéaste belge, qui a fait ses classes en Angleterre, est revenue dans son pays natal pour réaliser son premier long-métrage, "Tous les chats sont gris ". Le film a remporté le grand prix du festival de Santa Barbara, en Californie.

Paul (Bouli Lanners) est détective privé. La quarantaine passée, il décide de venir s’installer dans un quartier huppé de Bruxelles, pour tenter de retrouver la trace de sa fille naturelle. Dorothy (Manon Capelle, une découverte), elle, a quinze ans et étouffe dans son milieu bourgeois. Elle traverse une vraie crise identitaire : et si son père n’était pas vraiment son père ? Le doute existe, surtout quand elle voit que sa mère (Anne Coesens) passe son temps à éluder ses questions embarrassantes… Paul et Dorothy vont se rencontrer. Mais cette rencontre va-t-elle combler leurs frustrations ?

Savina Dellicour et son coscénariste Mathieu de Braconnier ont tous deux appris leur métier en Angleterre (la première version de " Tous les chats " était d’ailleurs écrite dans la langue de Shakespeare). De cet écolage outre-Manche, ils ont retenu une leçon essentielle, qu’oublient tant d’auteurs français : " même si vous créez des personnages forts et attachants, ne vous reposez pas sur vos personnages et veillez à soigner l’intrigue ".

Dans " Tous les chats sont gris ", la réalisatrice ne se contente donc pas d’orchestrer la rencontre entre les trois protagonistes, elle construit un vrai suspense dramatique. Et en toile de fond, elle décrit avec une grande justesse le choc social de deux mondes : celui, modeste et simple, de Paul et celui, austère et hypocrite, de la mère de Dorothy. Qui plus est, sa direction d’acteurs est impeccable : tous ses acteurs, sans exception, sont convaincants. Voilà une belle réussite qui redonne des couleurs au cinéma belge francophone en ce printemps 2015.

 

Hugues Dayez

La bande annonce de "Tous les chats sont gris"