L'interview de Berni Goldblat et Makan Nathan Diarra pour "Wallay"

L'affiche de Wallay
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L'affiche de Wallay - © DR

Wallay est l'histoire d'un retour aux sources, et du choc des cultures que va vivre Ady, 13 ans, de la banlieue lyonnaise à un village du Burkina Faso. 

Orphelin de mère, Ady vit en banlieue, et avec sa bande de potes, il fait les quatre cents coups pour toujours pouvoir s’offrir le dernier Smartphone à la mode. Son père, un peu dépassé, décide de l’envoyer dans sa famille en Afrique. Et voilà Ady qui croyait vivre des vacances exotiques, mais qui ne tarde pas à tomber de haut : dans un village où tous ses gadgets électroniques ne fonctionnent pas faute de courant électrique, il rencontre son oncle Amadou qui entend bien le faire travailler et le mener à la baguette. 

L'interview intégrale de Berni Goldblat et Makan Nathan Diarra

Cathy Immelen : Berni et Makan, je suis ravie d’avoir l’occasion de papoter avec vous du film " Wallay " que j’ai vraiment beaucoup aimé. Je ne connaissais pas votre travail, pour être honnête, évidemment quand j’ai fait des petites recherches sur Internet pour voir à quoi vous ressembliez pour bien vous accueillir aujourd’hui, je me suis dit : ce n’est pas un cinéaste africain. J’avais un petit peu du mal à comprendre votre parcours, votre background, parce qu’évidemment il y a cette justesse du quotidien africain qui est d’où en fait ? Quel est votre parcours ?

Berni Goldblat : Bonjour, merci de nous accueillir, je suis cinéaste, je suis moi-même métis culturel, je viens de divers horizons et je parle plusieurs langues. Je suis né en Suède, je suis de nationalité suisse et burkinabé, mon papa était polonais, ma maman était suissesse, je vis en Afrique depuis plus de 20 ans, je viens de partout et de nulle part, ce qui explique peut-être aussi le sujet du film qui traite du brassage, du mélange du bagage culturel qu’on porte en nous, des fois sans savoir que c’est un trésor. 

C’est votre premier long-métrage de fiction. Vous aviez envie de parler vous-même de ce que vous auriez pu vivre en vous installant en Afrique ?

Berni Goldblat : Non, je ne sais pas, c’est un scénario que j’ai reçu un peu comme on reçoit un bébé, en 2010, que j’ai évidemment retravaillé pendant de nombreuses années. Ça m’a pris 7 ans pour faire le film "Wallay".  C’est un sujet qui m’a immédiatement séduit, j’ai trouvé nécessaire en tout cas de raconter une histoire comme celle-ci aujourd’hui, dans un contexte mondial un peu bizarre, crispé, où des gens se renferment sur eux, leur identité, leur territoire, leur religion, et au contraire moi j’avais besoin de parler de ce métissage, de cette richesse que ça constitue, le mélange.  Evidemment il y a un petit peu de moi dans le film, c’est sûr, celle ou celui qui me connaît saura me reconnaître à des moments, mais ça reste une histoire imaginée, qui se veut réelle parce que c’est une histoire qui se passe assez souvent. D’ailleurs, Makan a des petits copains de quartier à qui c’est déjà arrivé d’être envoyé au bled comme on dit, c’est quelque chose qui arrive souvent.  Après, c’est une histoire imaginée, "fictionnisée", c’est un récit. 

Makan, quel âge as-tu ?

Makan Nathan Diarra : J’ai 15 ans.

15 ans, tu ne viens pas du Burkina Fasso ? 

Makan Nathan Diarra : Non, je viens du Mali.

Et tu habites en France.

Makan Nathan Diarra : Oui, j’habite en France.

Comment es-tu devenu acteur ?  C’est quand même un peu incroyable. Tu fais du théâtre ? Comment ça s’est passé ? Raconte-nous.

Makan Nathan Diarra : Ça s’est passé sur un casting sauvage.  C’est-à-dire que c’est un ami qui marchait dans la rue, une directrice de casting est venue le voir, elle a demandé s’il était intéressé de faire un casting, il l’a fait, ils lui ont demandé s’il avait un ami de couleur métis, il m’a amené, j’ai passé le casting…

Comme ça.  Tu ne t’es pas dit est-ce que je suis bon, est-ce que j’ai peur, tu t’es posé des questions ?

Makan Nathan Diarra : Non je l’ai fait comme ça.

Berni Goldblat : En fait tu n’y croyais pas trop…

Makan Nathan Diarra : Oui.  Comme ça.  Il y a un casting, je l’ai fait comme ça.

C’est une expérience, pour savoir ce que c’est.

Makan Nathan Diarra : Voilà, une expérience. 

Acteur c’est un métier.  Il faut apprendre du texte, des émotions, comment as-tu vécu l’expérience ?

Makan Nathan Diarra : Comment ça ?

Berni Goldblat : Est-ce que tu as aimé ?

Est-ce que tu étais à l’aise sur le plateau ?  Est-ce que tu t’es dit : c’est une révélation, maintenant je vais être acteur ?

Makan Nathan Diarra : Je me dis que c’est une bonne expérience et ça peut devenir mon métier.

Est-ce que tu comprends ce qu’a vécu le garçon que tu interprètes ?  Est-ce que ça te rappelle des histoires à toi ?  Des histoires à tes amis ?

Makan Nathan Diarra : Oui j’ai beaucoup d’amis qui ont été confrontés à des situations comme ça. 

Est-ce que toi, quand tu as débarqué en Afrique pour le tournage tu étais un peu comme ton personnage, le mec de la ville avec son beau téléphone, ses chouettes fringues, confronté un peu au quotidien qui est très différent ?

Makan Nathan Diarra : Pas vraiment, je n’avais pas trop un beau téléphone… je ne suis pas trop comme ça. 

Berni ? Comment est-ce que vous l’avez choisi ?  C’est un élément tellement central.

Berni Goldblat : Le film repose essentiellement sur lui.  Il est quasiment de toutes les séquences donc il ne fallait pas qu’on se trompe.  C’est clair.  Pour que le film soit au moins moyen, il fallait qu’il soit au moins excellent.  En fait on a vu plus de 80 enfants métis, on a fait une pré-sélection. J’étais au Burkina et on m’envoyait les vidéos. A un moment je suis monté à Paris et j’ai rencontré physiquement la sélection que j’avais choisie sur vidéo. Quand je l’ai vu, j’ai tout de suite été séduit.  Je me suis dit : ça c’est mon rôle.  Je ne sais pas, la manière dont il me regardait, la manière d’échanger, de discuter, pas forcément le texte parce que ça ce n’était pas si important que ça, ce que je regardais c’était plutôt sa manière d’être, de me regarder, de bouger, de rire…  Je me suis dit c’est vraiment lui et je pense que j’ai eu raison. Après on a travaillé beaucoup en amont, pendant 6 mois, il a eu une coach, on a eu toute une méthodologie aussi parce que je ne voulais pas qu’il apprenne le texte alors au départ il ne connaissait même pas le scénario, je ne le lui avais pas donné. Après, avec la coach il a travaillé le scénario et après avec Ibrahim Koma qui joue le rôle de Jean, le deuxième rôle, ils ont eu à travailler pas mal de temps ensemble. Quand il est arrivé sur le plateau, il était très bon assez rapidement. Et c’est ce qui était assez surprenant parce que des fois ce n’est pas facile de travailler avec des jeunes, des enfants, c’est pas évident, ce n’est pas leur métier.  Il a tout de suite pigé en fait les astuces et les secrets d’un plateau.  Il a été bon quoi. Des fois il était bon sur la 1ère prise, des fois il était bon au bout de la 17ème, il n’y avait pas vraiment de règle.  Je lui ai laissé aussi pas mal de liberté dans les dialogues… On discutait beaucoup le film. Je lui laissais aussi la possibilité de me proposer des choses, sur le plateau, en tournant…Quand je voyais que parfois, il y avait des mots qui ne sonnaient pas juste dans sa bouche, je lui proposais… C’est vrai qu’il y a beaucoup de dialogues qui ont été proposés par lui-même aussi.

Quelle expérience incroyable quand même hein ?  C’est dingue. Tu as déjà vu le film fini ?  Tu l’as déjà vu sur grand écran ? 

Makan Nathan Diarra : Oui.

Qu’est-ce que ça t’a fait de le voir ?

Makan Nathan Diarra : La 1ère fois ça me faisait bizarre.  La 1ère fois j’étais figé sur moi.  Mais après je regardais un peu tout.  Je l’ai regardé beaucoup de fois.

Ta famille, tes amis l’ont vu déjà aussi ?

Makan Nathan Diarra : Oui.

Comment ont-ils réagi ?

Makan Nathan Diarra : Je pense qu’ils ont apprécié.

Ça doit faire bizarre, hein.

Makan Nathan Diarra : Oui. 

Berni Goldblat : Le film est sorti en 1ère mondiale à Berlin, devant 1000 personnes, sa maman était là, des amis… Après, comme le film est sorti en salle en France, toute la famille est venue, sa petite sœur est venue voir le film 3 fois de suite.  C’est clair que c’est quelque chose d’assez étonnant.  C’est aussi un petit peu la magie du cinéma, je pense que c’est un des seuls arts qui existe aujourd’hui qui permet ce genre de chose. 

D’émotion.

Berni Goldblat : Ce que je veux dire, c’est que c’est assez courant, tu as des non-acteurs qui deviennent des acteurs sans passer par une école.  Ça arrive. 

C’est vrai.  Ce qui m’a beaucoup plu c’est qu’avec un même thème, un gamin qu’on renvoie au bled, qu’on veut peut-être forcer à être circoncis, ce n’est pas très rigolo, j’ai l’impression que ce genre d’histoire aurait pu être un drame, avec beaucoup de pathos, avec beaucoup de symboles, ici il y a même des moments très légers.  Des moments où on rit.  Je voudrais que vous me parliez de ce ton, est-ce qu’il était déjà dans le scénario, ou est-ce que c’est votre apport à l’histoire ?

Berni Goldblat : Le ton au départ était un peu plus comédie dans l’écriture et au fur et à mesure du travail que j’ai eu à faire, même sur le tournage, même au montage, parce qu’on dit qu’on tourne contre le scénario et on monte contre le tournage – c’est François Truffaut qui le disait – à tout moment tu retravailles le film.

Le ton très original d’un film africain qui parle de problèmes de société mais où on sent de la légèreté, où on s’amuse…

Berni Goldblat : Le ton au départ était beaucoup plus comédie dans l’écriture, et en fait j’ai réduit beaucoup ce côté-là pour en donner un côté un petit peu plus dramatique par moments. Mais ce que je voulais, c’était un film sobre.  Sobre dans le ton, sobre dans la forme, sobre aussi par la musique, par des silences. Je ne voulais pas que ça parle trop, donc on a réduit beaucoup les dialogues. Il y a des phases par lesquelles on passe, qui sont bien sûr l’écriture, le tournage, le montage, et à chaque fois en fait on réécrit l’histoire.  Je pense que le danger aurait été de tomber dans quelque chose d’un peu trop cliché, ou anecdotique, donc on joue des anecdotes, on s’amuse avec, mais on ne tombe pas dedans.  Dieu merci.

Oui c’est très réussi.  J’ai relevé une phrase qui pour moi résume totalement l’esprit du film, c’est "on est plus le fils de son époque que le fils de son père".  Je voudrais avoir chacun votre commentaire là-dessus.

Berni Goldblat : Très bien vu. En effet, ça aurait pu être la phrase qui accompagne l’affiche.  C’est une phrase importante que dit la grand-mère… Cette phrase aurait pu être en effet une phrase résumée du film, une phrase choc, une phrase qu’on met sur l’affiche.  C’est une phrase dite par la grand-mère du personnage principal, qui représente ses origines qu’il ignore. Donc c’est cette rencontre avec cette grand-mère qui fait basculer le film et c’est à ce moment-là qu’il se rend compte un peu d’où il vient aussi. La grand-mère l’accueille à bras ouverts, elle l’aime, elle le prend, elle ne le juge pas, et lui aussi accepte cet amour, et par elle, à travers elle il commence à changer.  Ce qu’elle veut dire par là c’est que c’est vrai que la thématique sous-jacente du film c’est la non-transmission de valeurs culturelles, de langage, d’origine, de la part des parents à leurs enfants.  C’est quand même un drame aussi ce côté-là, parce que c’est clair que si le père, on le voit au début du film, avait enseigné sa langue et lui avait un peu transmis sa culture, je n’aurais pas pu faire ce film.  C’est parce que Ady, qui est le personnage principal, malgré son métissage est un petit Blanc, c’est un Français comme les autres, c’est parce que justement il lui manque quelque chose, qu’il est complètement paumé en arrivant en Afrique, qu’il regarde tout qu’il n’a plus de repères, et ne sait pas comment gérer tout ça.  Donc " on est plus le fils de son époque " ça veut dire en gros : ces enfants de 2ème, 3ème génération ont complètement perdu cette culture et c’est dommage, parce que plus on est conscient de ce bagage-là plus on est fort, plus on est riche.  Je vais parapher Gaël Faye, l’écrivain, qui dit quand on est métis on n’est pas 50/50, on est 100/100.  C’est la thématique du film. 

Makan, je ne sais pas du tout dans quel genre de milieu tu as grandi, mais est-ce que tu vas des fois au Mali ?  Est-ce que tu as un contact avec ta culture ?

Makan Nathan Diarra : J’y suis allé mais j’étais petit.  J’y suis allé 2 ou 3 fois je crois, je ne me souviens plus.  J’ai des petits souvenirs mais…

Tu te sens Français, métis, est-ce que l’Afrique c’est encore présent dans ce que tu manges, dans ce que tu écoutes, dans ce que tu vis ? 

Makan Nathan Diarra : Je suis les deux. 

Tu comprends ce que vit ton personnage ?  Ou c’est vraiment tellement différent de toi ?

Makan Nathan Diarra : C’est un peu différent. 

Berni Goldblat : Mais tu comprends ce qu’il vit.

Makan Nathan Diarra : Oui, je comprends ce qu’il vit.

Berni Goldblat : Sinon, il n’aurait pas pu le jouer. 

Makan Nathan Diarra : Je comprends mais c’est assez différent.

Le film a été tourné au Burkina.  Ce n’est évidemment pas une industrie cinématographique développée. Logistiquement, techniquement, est-ce que c’était très compliqué à faire ou vous aviez beaucoup de bonne volonté autour de vous ?

Berni Goldblat : C’est une coproduction France-Burkina Fasso.  On avait une société française qui produit et une société burkinabée qui nous coproduit donc ça a été un plateau aussi métis.  Il y avait des techniciens français, maliens, burkinabés, béninois, ivoiriens, donc c’était vraiment un melting pot super, avec des grandes compétences.  Au Burkina, on a de bons techniciens parce que c’est quand même un pays de cinéma, et jusqu’aujourd’hui quand il y a des gros plateaux de cinéma qui se produisent en Afrique de l’Ouest, c’est bien souvent des techniciens burkinabés qu’on appelle. 

Je ne le savais pas du tout. 

Berni Goldblat : C’est des gens avec qui je travaille depuis longtemps, en qui j’ai une entière confiance.  C’est vrai que le chef-opérateur, l’ingé son, la chef électro, venaient de France. C’est vrai que ce n’est jamais très simple de bosser dans des conditions assez rudimentaires parce que ce n’est pas comme en Europe, mais moi je n’ai pas vraiment un point de comparaison parce que j’ai fait tous mes films en Afrique. La principale difficulté, ça a été le problème sécuritaire.  Parce que 2 mois avant le début du tournage, il y a eu des attentats à Ouagadougou qui ont compliqué les choses.  Donc, tous les décors que j’avais repérés, sur lesquels j’avais déjà travaillés, préparés, on nous en a interdit l’accès.  On nous a dit : les gars, débrouillez-vous mais il faut tout changer.  J’ai pris un véhicule, avec mon producteur on a fait 5000 kms, on a tout repéré à nouveau.  Ça c’était compliqué. En plus pour faire venir Makan, qui est de nationalité française, du coup il y avait quand même une certaine parano des autorités françaises qui ont dit : il est jeune, il a 13 ans, il part sans ses parents, il faut ci, il faut ça, ça a été plus compliqué, il a fallu taper aux portes des Ministres, des Ambassadeurs, on avait avec nous des gendarmes 24h/24 pour sécuriser le plateau, en amont, en aval, à l’hôtel…  tout, ça on ne le voit pas dans le film.

On ne peut pas l’imaginer….

Berni Goldblat : On ne le voit pas. En plus il faisait hyper chaud parce qu’on a tourné quand il faisait 45, 50°, on était en pleine période chaude… Plein de défis mais de toute façon il n’y a pas de plateau facile dans le monde, ça n’existe pas. J’en garde un super souvenir, j’ai envie d’en faire un 2ème immédiatement c’est clair.  L’être humain a quand même cette capacité d’oublier les mauvaises choses pour ne garder que les bonnes, donc ce dont on se souvient, c’est surtout le super souvenir de travail collectif intense. Le budget était quand même limité, donc on avait un nombre limité de jours pour le tournage, ça oblige aussi de travailler d’une certaine manière.  Un film, on ne le fait jamais seul, c’est une équipe.  C’est une manière de rendre hommage aussi à l’équipe géniale, du tournage et aussi du montage et de la post-production. Je pense que quand un film fonctionne, c’est que tout le monde a joué sa part et que tout le monde a fait son maximum. C’est ce qui s’est passé, je pense.

Alors des beaux souvenirs pour vous mais qu’est-ce que vous avez envie que le spectateur garde ?  Soit dans son intellect, ou dans son cœur, après avoir vu le film ?  Qu’est-ce que vous aviez envie de provoquer comme émotion, comme sensation ?

Berni Goldblat : Pour moi, le cinéma, d’abord c’est une histoire de femmes et d’hommes, d’êtres humains.  Ce que j’espère, c’est que le spectateur a fait un bon voyage et qu’il a pu vraiment partir, quitter la salle et vraiment se projeter à la découverte d’un pays peut-être qu’il ne connaissait pas ou qu’il connaissait, et surtout j’espère qu’il ait pu sentir les émotions que j’avais envie de faire ressentir, à la fois l’humour par moment mais aussi par moment une certaine tristesse… C’est difficile à dire.  Pour moi, le cinéma c’est le voyage. J’espère que ce film fait du bien en le regardant. Comme on dit, feel-goodFeel good movie. J’espère, c’est ce que j’aimerais bien en tout cas.  Et visiblement jusqu’à présent, il voyage beaucoup, le film.  Il a déjà fait une cinquantaine de festivals depuis février. Il est parti dans tellement de territoires différents, aux Etats-Unis, en Iran, en Afrique du Sud, au Burkina, au Danemark, en Belgique, en France, en Suisse, et ça continue, Tchéquie… Je pense en tout cas qu’on a dû aborder d’une manière assez universelle de parler de cette affaire.  C’est-à-dire que cette histoire aurait pu se passer, je ne sais pas, entre l’Espagne et la Bolivie, ou entre le Japon et les Etats-Unis, je ne sais pas.  Je pense qu’au-delà de l’Afrique, au-delà du film africain, ce que j’espère c’est de pouvoir faire juste un film et pas connoté avec une territorialité. Bien sûr, il est inscrit dans quelque chose de profond et de concret, mais le film il faut qu’il s’ouvre aussi, de la même manière que le comédien principal s’ouvre sur ses origines et sur sa vie.

Moi je peux vous dire que c’est réussi.  J’étais feel-good effectivement en sortant, j’ai voyagé, j’ai totalement oublié Namur autour.  Je vous souhaite beaucoup de chance avec la suite de Festivals et des voyages que vous allez faire.  Et vivement la suite de Makan au cinéma non ?  Oui ?  Tu vas essayer de continuer ?

Makan Nathan Diarra : Après ce long-métrage, j’avais fait un court-métrage. 

Pas mal. Tu commences à avoir un petit CV.  Bien.

Berni Goldblat : Il a fait quelques castings.  Même pour un film avec Catherine Deneuve.

Ecoute, je parie que dans les 5 ans à venir tu reviens au Festival de Namur dans un autre film. Tu seras plus grand. 

Berni Goldblat : C’est clair.

Tu auras plein d’expériences à raconter.  Et on gardera cette interview en souvenir.  La première interview de Makan en Belgique. 

Berni Goldblat : Super.

Merci beaucoup.  Que tout se passe bien.

Berni Goldblat : Merci beaucoup.

L'interview intégrale en vidéo