Kirk Douglas, l'un des derniers monstres sacrés d'Hollywood, fête ses 100 ans

Michael et Kirk Douglas
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Michael et Kirk Douglas - © ADRIAN SANCHEZ-GONZALEZ - AFP

L'acteur américain soufflera vendredi 9 décembre ses 100 bougies. Dernière icône encore vivante de l'âge d'or hollywoodien, Kirk Douglas a été l'initiateur d'un courant aujourd'hui très répandu dans le cinéma américain, l'acteur-producteur.

Kirk Douglas, 100 ans et 70 de carrière au cinéma, est l'une des dernières légendes vivantes du cinéma hollywoodien. L'acteur célèbre pour sa fossette au menton a tout joué (péplum, comédie, thriller, western, film d'aventure...), avec les plus grands réalisateurs. John Huston, Billy Wilder, Vincente Minnelli, Elia Kazan, Howard Hawks, Stanley Kubrick ou Brian de Palma ont comme point commun de l'avoir dirigé dans un ou plusieurs de leurs films.

Entre 1946 et 2008, il a tourné dans un peu moins de cent films. Parmi eux, certains sont devenus des classiques du cinéma américain, notamment "Spartacus", "La Vie passionnée de Vincent Van Gogh", "Règlements de comptes à OK Corral", "Les Sentiers de la gloire" ou "Nimitz, retour vers l'enfer". Et pourtant, aussi populaire soit-il, Kirk Douglas n'a jamais été couronné d'un Oscar. La statuette lui a échappé à trois reprises: en 1950 pour son rôle dans "Le Champion", en 1953 pour "Les Ensorcelés" et en 1957 pour sa performance dans la peau du peintre Vincent Van Gogh. L'Académie réparera cette erreur en 1996 en lui remettant un Oscar d'honneur couronnant un demi-siècle de carrière à Hollywood.

Un acteur en avance sur son temps

Kirk Douglas, c'est avant tout un destin hors normes. Né à Amsterdam dans l'Etat de New York en 1916, l'acteur est issu d'une famille de sept enfants aux revenus modestes. Ses parents étaient des immigrés juifs de l'actuelle Biélorussie qui se sont installés aux Etats-Unis pour échapper à la pauvreté et à l'antisémitisme.

Ce fils de chiffonnier a rapidement compris comment mener sa barque à Hollywood. Au milieu des années 50, il devient l'un des premiers acteurs à être producteur. Si aujourd'hui, cette double casquette est devenue courante (Leonardo DiCaprio, Brad Pitt, George Clooney pour ne citer qu'eux), cette pratique était à cette époque extrêmement rare.

Kirk Douglas, vexé d'avoir été écarté du rôle de Ben-Hur dans le péplum du même titre - rôle finalement revenu à Charlton Heston -, décide d'être à l'initiative de projets qui lui plaisent et lui tiennent à cœur. C'est lui qui a acheté les droits du livre "La Vie passionnée de Vincent Van Gogh" d'Irving Stone, pour l'adapter au grand écran en 1956. L'année suivante, il contacte Stanley Kubrick, qui démarre alors sa carrière, pour lui confier "Les Sentiers de la gloire". C'est également à lui que Kirk Douglas fait appel pour achever son grand projet, "Spartacus", en 1960.

Son rôle de producteur lui a permis de mener des projets audacieux et engagés. Il n'a pas hésité à travailler avec Dalton Trumbo, scénariste pourtant blacklisté à l'époque pour ses idées politiques. Un engagement politique qu'il défend encore aujourd'hui. En septembre dernier, la star s'était inquiétée dans une tribune de la campagne de Donald Trump, futur président des Etats-Unis.