"Jean-Michel Basquiat, la rage créative" : génie underground auto-destructeur

“Jean-Michel Basquiat, la rage créative” : génie underground auto-destructeur
“Jean-Michel Basquiat, la rage créative” : génie underground auto-destructeur - © Tous droits réservés

Le reportage d’Arte explore la vie artistique tumultueuse du peintre Jean-Michel Basquiat, figure de l’art contemporain qui même après sa mort, continue d’intriguer.

 

Né en 1960 d’un père d’origine haïtienne et d’une mère aux racines portoricaines, le jeune Jean-Michel grandit à Brooklyn. Il apprend très vite à lire et à écrire et connaît trois langues à seulement 8 ans. Alors qu’il connaît un accident, sa mère lui offre un livre d’anatomie (Gray’s Anatomy) qui changera le cours de sa vie. Il se met à dessiner et reproduire des représentations du corps humain et se passionne pour l’art. Plus tard, avec ses amis Al Diaz et Shannon Dawson, Basquiat se met à graffer sous le pseudonyme de SAMO (diminutif de Same Old Shit”, une expression utilisée par les noirs américains de la vieille génération). Les graffitis de SAMO intriguent tout New York et Jean-Michel se fait inviter sur un plateau télévisé comme représentant de ces 4 lettres. C’est à ce moment qu’il décide de se lancer sous son vrai nom et qu’il enterre le collectif.

En 1980, Jean-Michel Basquiat joue dans le film Downtown 81 d'Edo Bertoglio produit par Glenn O'Brien. Ce dernier lui fera rencontrer son idole Andy Warhol. Le jeune artiste de 20 ans se fera remarquer dans le milieu artistique en participant à des expositions très huppées comme Times Square Show et New York / New Wave auprès de Mapplethorpe ou Haring, qui le propulseront comme porte-drapeau du mouvement underground new-yorkais. Extrêmement prolifique, Jean-Michel Basquiat est animé par une envie de réussir qui se transformera petit à petit en colère.

Le jeune artiste connaît une gloire fulgurante qui le conduira à faire la une du New York Times mais il est de plus en plus torturé. Dans une Amérique raciste, il souhaite être reconnu comme un grand artiste et non comme un artiste noir-américain. Après la mort d’un de ses amis, le thème racial sera au coeur de ses oeuvres. 

En 1985, Jean-Michel Basquiat collabore avec celui qui deviendra son ami, la légende Andy Warhol. Ce mentor un peu spécial le poussera dans ses retranchements, se mettant en compétition perpétuelle avec le jeune artiste. Alors que Warhol est accusé de profiter de l’étoile filante Basquiat pour relancer sa carrière, ce dernier, vexé, décide de couper les ponts avec le chef de file du pop-art. Andy Warhol décède en 1987 et Basquiat sombre dans la toxicomanie. Après un séjour à Hawaï en 1988 sensé lui apporter la rédemption, Jean-Michel Basquiat meurt d’une overdose à 27 ans.

 

Le documentaire Jean-Michel Basquiat, la rage créative” de David Schulman est à voir sur Arte ou ci-dessous.