"Je n'aime plus la mer" : enfance migratoire

“Je n’aime plus la mer” : enfance migratoire
“Je n’aime plus la mer” : enfance migratoire - © Les Films de la Passerelle

Le documentaire sur les enfants exilés est disponible sur Auvio. Il y a quelques semaines, “Je n’aime plus la mer” avait été projeté au Festival Millenium dans la catégorie “Cinéma Belge”.

 

En plein coeur du Condroz, dans la province de Namur, un centre d’accueil a été mis en place pour héberger les demandeurs d’asile en attente. Là-bas, une véritable vie de village se crée pour quelques semaines, quelques mois, les enfants venus d’Irak, de Syrie, d’Afghanistan, d’Erythrée sympathisent et soufflent après un épuisant voyage. Durant leur périple, ils ont échappé au pire, ils sont les survivants de la guerre et de la cruauté humaine. Ils ont vu de bien vilaines choses se passer dans les bois, dans les montagnes et sur la mer. Ils n’aiment plus la mer parce qu’elle est devenue un cimetière pour des milliers de migrants. Le réalisateur Idriss Gabel est resté avec ces enfants qui attendent de savoir s’ils vont pouvoir rester en Belgique et qui tuent le temps au centre d’accueil. Ils apprennent le français et peuvent lire les lettres de l’Etat adressées à leurs parents. Malgré cet aride début de vie, ils ne perdent pas leur enthousiasme et leur joie de vivre, tout en étant conscients. Ces enfants ont grandi trop vite, ils ont été confrontés à la barbarie et la mort à l’âge où l’on est insouciant. 

 

Ce très beau documentaire a été tourné dans cette bulle, dans cet espace-temps suspendu, dans cette attente parfois difficile à concevoir pour les plus jeunes. Dans le centre d’accueil, ils se souviennent de leur vie d’avant et essayent de trouver un sens à leur futur. “Je n’aime plus la mer” aborde subtilement la condition des enfants migrants, en mettant la lumière sur leur conception des choses parfois bien différente de celle des adultes. Ici, pas de larmoiement et d’apitoiement, après avoir vu la mort, c’est la vie qui reprend le dessus, comme une nécessité.

 

Le documentaire est une co-production Les Films de la Passerelle et la RTBF. Il est à voir ci-dessous ou sur Auvio.