Jamel Debbouze en cousin algérien roublard dans "Né quelque part"

"Né quelque part"
"Né quelque part" - © ©Mars Distribution. All Rights Reserved

Loin de ses rôles comiques, Jamel Debbouze est un cousin du "bled" magouilleur dans "Né quelque part", un premier long-métrage de Mohamed Hamidi sur le thème des origines et de l'identité.

Le film, qui a été montré cette année au Festival de Cannes lors d'une séance spéciale destinée à un public lycéen, raconte l'histoire de Farid (Tewfik Jallab), 26 ans, étudiant en droit, qui doit se rendre en Algérie pour sauver la maison de son père.

Il va découvrir ce pays où il n'a jamais été et rencontrer des personnages hauts en couleur, parmi lesquels son cousin qui porte le même nom que lui et rêve de venir en France, interprété par Jamel Debbouze, aussi co-producteur du film. Mais Farid va se faire voler ses papiers par son cousin et se retrouve bloqué en Algérie, où il apprend à connaître l'histoire de sa famille.

Né à Bondy (Seine-Saint-Denis), ancien professeur d'économie et cofondateur du Bondy Blog avant de travailler avec Jamel, dont il a mis en scène et co-écrit le dernier spectacle, Mohamed Hamidi dit être parti d'"événements personnels" pour réaliser ce film.

A l'occasion d'un voyage en Algérie en 2005, "je me suis interrogé: +Et si mon père était resté là? Et si j'étais né ici?+ Quelle aurait été ma vie, sans école, sans cinéma, sans rien...?", a-t-il expliqué.

"Premier rôle de méchant-sympa"

Confronté à toute une galerie de personnages, dont son cousin algérien, Farid va s'interroger sur son propre destin.

Jamel Debbouze, qui parle arabe dans le film mais aussi français avec l'accent d'un "blédard" algérien, interprète avec vivacité mais une certaine sobriété ce personnage de petit voyou malin, arnaqueur et beau parleur.

"Je crois que c'est le premier rôle de méchant-sympa de Jamel au cinéma", souligne Mohamed Hamidi.

Pour l'acteur, "+Né quelque part+ est une histoire vraie et j'adore les histoires vraies. Elles sont imparables!".

"Je suis en totale empathie avec ce sujet qui parle de nous, les enfants d'immigrés, et qui n'est pas suffisamment traité", ajoute le comédien, qui a joué dans de grosses productions comme "Sur la piste du Marsupilami" mais aussi des créations plus modestes comme "Indigènes" de Rachid Bouchareb, pour lequel il avait reçu un prix d'interprétation à Cannes en 2006 avec les autres acteurs du film.

"On a besoin chez nous que le cinéma s'empare d'histoires comme celles de Farid et de son cousin français pour changer les mentalités et faire comprendre qui sont ces gens", estime l'humoriste franco-marocain.

"C'est du cinéma comme je l'aime avec une profondeur, des personnages touchants qui raconte quelque chose de juste", dit-il.

 

AFP Relax News