"J'arrête quand je veux", une comédie italienne acide et déjantée

'J'arrête quand je veux'
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Ils sont neurobiologiste, archéologue, mathématicien ou chimiste et parlent le grec ancien ou le latin. Ecoeurés d'être obligés de vivre de petits boulots, de brillants chercheurs universitaires vont créer une drogue et se transformer en dealers dans une comédie italienne acide et déjantée.

"J'arrête quand je veux" est le premier long métrage de l'Italien Sydney Sibilia. Ce trentenaire dit avoir été inspiré par un entrefilet dans un journal racontant l'histoire de deux jeunes professeurs de philosophie qui discutaient à l'aube de la Critique de la raison pure, de Kant, tout en faisant leur travail d'éboueurs à Rome. C'était au printemps 2010.

A cette époque, "les premières pages des journaux étaient pleines d'articles sur les coupes budgétaires dans le secteur de la recherche et sur les manifs de jeunes chercheurs qui se retrouvaient, à bientôt 40 ans, sans travail et sans perspective", raconte le réalisateur. Auteur précédemment de courts métrages, il "gagne sa vie en faisant des bandes annonces et des petits spots", selon sa biographie officielle.

Au-delà de la satire sociale et économique, le scénario pointe du doigt un phénomène "très intéressant et peu connu" en Italie, souligne-t-il. Dans ce pays, une drogue, pour être définie comme telle, doit être répertoriée dans la liste officielle des molécules illégales. Ce qui fait que "rien qu'en 2012, 240 nouvelles molécules ont été découvertes", relève Sydney Sibilia.

Références au cinéma américain

C'est en raison de cette faille que Pietro (Edoardo Leo) va avoir l'idée de contacter six ex-collègues pour créer une "drogue parfaite et légale" et la vendre. Ils ne seront pas difficiles à convaincre. Le super chimiste est plongeur dans un restaurant asiatique, les spécialistes en sémiotique et langues anciennes travaillent dans une station-service...

Leur cible? Les fils de familles accros aux substances illicites et qui fréquentent les boîtes de nuit. Très vite, la "start-up criminelle", comme la surnomme Pietro, se transforme en juteux business.

Des changements s'opèrent dans la bande, certains vivent dans un palace, un autre devient accro au sexe tarifé et à la drogue qu'il a fabriquée. Quant à Pietro, il a de plus en plus de mal à expliquer à sa copine assistante sociale, qui vient en aide aux drogués, ses costumes chics et l'argent facile.

La bande va finir par énerver Murena, le grand dealer du coin et accessoirement ex-ingénieur naval, et la police, qui va mettre fin à leurs activités afin que la morale reste sauve.

Ce film au découpage rapide multiplie les références au cinéma américain comme "Ocean's Eleven" et réussit à faire rire tout en parlant de chômage, de crise, de précarité des sur-diplômés. Il tient aussi grâce à une bande de comédiens qui fonctionne à merveille.

 

AFP Relax News