"Inherent vice", film psychédélique de Paul Thomas Anderson avec Joaquin Phoenix

"Inherent vice", littéralement "vice de forme", met en scène Doc Sportello (Phoenix), détective privé fumeur de joints qui vit dans un bungalow de bord de plage. Bonne âme, il accepte pour les beaux yeux de son ex-petite amie Shasta de partir à la recherche de l'amant de celle-ci, qui a disparu.

Au hasard de ses pérégrinations, il croise une galerie de personnages plus délirants les uns que les autres: policiers autoritaires et amateurs de cuisine japonaise (Josh Brolin), musicien évaporé (Owen Wilson), avocat relax mais efficace (Benicio del Toro), riche adolescente fugueuse, mafieux chinois qui blanchissent de l'argent dans un cabinet de dentiste, tenancière zélée de maison close...

"Inherent Vice", adapté d'une nouvelle éponyme de Thomas Pynchon, enchaîne une collection de scène loufoques et de numéros d'acteurs, où l'intrigue et le fil se perdent un peu au cours des 2H28 de film.

Le septième film de Paul Thomas Anderson, après notamment "The Master" (2012), "There will be blood" (2007), "Magnolia" (1999) et "Boogie Nights" (1997), emmène le spectateur à travers diverses strates de la Cité des anges, des bas-fonds à son centre administratif moderniste en passant par ses plages paisibles et ses somptueuses villas.

Un Los Angeles d'une époque révolue, comme celui de "Boogie Nights", même si le réalisateur de 44 ans, auteur du scénario et lui-même originaire de la ville, se défend de toute nostalgie.

Le film sort le 4 mars en Belgique et est déjà sur les écrans depuis plusieurs mois aux Etats-Unis, où il a reçu des critiques globalement bonnes, même si certains ont décrié un scénario confus.

Comme "The Master", ses recettes sont pour l'instant décevantes: 8,1 millions de dollars aux Etats-Unis pour un budget estimé à au moins deux fois plus.

"Saut dans le vide"

Le réalisateur, déjà nommé six fois aux Oscars et qui l'était encore cette année pour l'adaptation du roman de Pynchon, renoue ici avec Joaquin Phoenix, déjà personnage principal du "Master".

"J'ai eu la chance de travailler avec beaucoup de réalisateurs formidables mais Paul est vraiment quelqu'un de spécial", qui "vous laisse expérimenter tout ce que vous voulez, c'est extrêmement rare aujourd'hui car ça coûte si cher de faire des films", explique l'acteur de 40 ans aux yeux turquoises.

"Quand j'ai appris à conduire, mon père me donnait cette même idée que je contrôlais la voiture, même s'il avait sa main sur le volant. Avec Paul c'est pareil, on se sent libre d'essayer des choses mais avec cette sécurité d'avoir un (cinéaste) qui sait vraiment ce qu'il fait", ajoute-t-il.

Joaquin "s'implique tellement, c'est un partenaire formidable", assure Paul Thomas Anderson.

Pour Phoenix, aux choix cinématographiques exigeants, "le réalisateur est la chose la plus importante", plus que le script, même s'il est difficile de dire exactement pourquoi il est attiré par l'un ou l'autre.

"C'est comme quand on commence à sortir avec quelqu'un. On ne sait pas pourquoi on l'aime, c'est comme un saut dans le vide, parfois ça marche super et parfois... moins!", ironise-t-il.

A l'affiche du prochain Woody Allen, Phoenix est l'un des acteurs fétiches de James Gray ("The Immigrant", "Two lovers", "La nuit nous appartient"). Il a été nommé déjà trois fois aux Oscars et a remporté un Golden Globe pour son interprétation de l'icône de la country music Johnny Cash ("Walk the line").

Il affirme que le Los Angeles du film lui semble assez lointain et étranger, même s'il a grandi à l'époque d'"Inherent Vice".

Sa famille et lui se sont "installés à Los Angeles quand j'avais cinq ou six ans, ma mère était secrétaire à la chaîne de télévision ABC. On ne peut rien imaginer de moins hippie!" assure-t-il.

 

AFP Relax News