Indiana Jones, 40 ans d’aventures

Le 12 juin 1981, il y a 40 ans, débarque en salles "Les aventuriers de l’Arche perdue" (c’était le 16 septembre de la même année chez nous en Belgique). Depuis, Indiana Jones a marqué l’Histoire et détruit pas mal d’objets précieux, un comble pour un archéologue. Le temps d’un article, nous avons déterré ses influences.

Tatalatin ta ta nin, tatalatin ta ta nin nin nin…

Ce générique, vous le connaissez par cœur. Vous êtes même en train de le fredonner en vous disant "mais il manque un ta ta nin dans cette version karaoké" ! ? Ce générique (composé par John Williams), qui vous revient facilement en mémoire comme ceux de la Panthère rose et James Bond, c’est celui d’Indiana Jones. Et son histoire, aussi, vous la connaissez par cœur. L’aventurier, l’archéologue et professeur d’université Henry Jones Jr alias Indiana Jones est mandaté par les services secrets américains de mettre la main sur l’Arche d’Alliance bien avant les Nazis. L’Arche n’est autre que le coffre où l’on retrouve les 10 commandements dictés par Dieu à Moïse sur le Mont Sinaï. Utilisée à mauvais escient, elle peut se transformer en une arme terriblement destructrice. Indiana Jones est sur une piste sérieuse pour la retrouver cette Arche. Une piste qui l’emmène d’abord au Népal. "Tatalatin ta ta nin, tatalatin ta ta nin nin nin…"

Produit par George Lucas, réalisé par Steven Spielberg et emmené par Harrison Ford, le film "Les aventuriers de l’Arche perdue" sort aux États-Unis le 12 juin 1981 et connaît immédiatement un véritable succès. Il n’a coûté que 20 millions de dollars mais il en rapportera 400 millions (20 fois plus). Il remportera également 5 Oscars (techniques) dont ceux des Meilleurs décors, du Meilleur son et du Meilleur montage.

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Karen Allen c’est elle qui met Harrison Ford aka Indiana Jones sur la piste de l’Arche © Lucasfilm Ltd.

Ce héros, Indiana Jones, il n’est pas né comme ça. À la base, Steven Spielberg voulait réaliser un James Bond. Mais la maison de production so british EON lui répondit que seul un réalisateur issu du grand Empire Britannique pouvait s’y coller. Un vilain mensonge qui sera contredit par les noms au générique, bien des années plus tard, du suisse allemand Marc Forster ("Quantum of Solace") et de l’américain Cary Fukunaga ("Mourir peut attendre"). Sans oublier Guy Hamilton ("Goldfinger") qui est quand même né en France ! ? Bref. Spielberg fait son deuil d’un Bond manqué quand son meilleur ami, George Lucas, lui dit : "J’ai mieux !" Et lui parle de cet aventurier qui parcourt le monde entier à la recherche d’objets sacrés. Pour la petite histoire, Indiana était le nom du chien de George Lucas à l’époque. Il n’en fallait pas plus pour lancer les deux hommes sur les traces de ce qui va devenir l’un des plus grands héros du 7e Art.

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Indy, il a une frousse dingue des serpents © Lucasfilm Ltd.

Si plusieurs personnages vont influencer la naissance d’Indiana Jones, la plus grande des influences reste celle-ci : derrière le héros de Cinéma se cache un véritable aventurier. Son nom ? Hiram Bingham ! Aventurier et homme politique américain, c’est lui qui découvrit en juillet 1911 la cité inca Machu Pichu.

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Hiram Bingham, le véritable Indiana Jones © Droits réservés

Voilà pour l’homme. Pour l’histoire, Spielberg s’est inspiré un peu (beaucoup même) de "L’homme de Rio" de Philippe de Broca avec Jean-Paul Belmondo (1964). Oui mais voilà, cet "Homme de Rio" c’est déjà une version librement adaptée, en chair et en os, de "Tintin et l’oreille cassée", la BD d’Hergé. Donc si Indiana Jones c’est Bébel qui joue Tintin alors Indiana Jones c’est aussi Tintin. Notez qu’en 2011, Steven Spielberg réalisera sa propre version des aventures de Tintin avec "Le secret de la Licorne" en capture de mouvement (une technique de réalisation virtuelle plus vraie que nature car elle permet d’enregistrer les gestes et expressions de véritables acteurs dans un univers entièrement créé par ordinateur).

Voilà pour l’histoire. Pour incarner ce héros et pour rechercher cette Arche d’Alliance, il faut encore un acteur. Et là, tous les livres sur l’Histoire du Cinéma regorgent de chapitres intitulés "Si X avait accepté le rôle de Y, le film ne serait pas devenu une série Z" (ou son contraire) ! Avant de penser à Harrison Ford, dans les petits papiers de la production, le nom de Tom Selleck avait la cote. Ses essais étaient même assez convaincants. Mais Tom avait déjà signé pour le rôle principal de la série télé "Magnum". Il a donc décliné l’offre et troqué le chapeau de l’aventurier pour une chemise à fleurs et un short. Lucas glissa un autre "J’ai mieux" à son ami Spielberg et leur choix s’arrêta sur Harrison Ford déjà vu et aimé dans "La guerre des étoiles".

Donc, pour le moment, nous avons une envie de réalisation, un aventurier qui a réellement existé, une histoire et un acteur. Il ne reste plus qu’à lui trouver un look qui marque les esprits lui permettant d’être reconnu par tout le monde, à l’image du costume d’un super-héros. Pour ce look, la plus grande des influences vient d’un autre film sorti en 1954, à savoir "Le secret des Incas" avec Charlton Heston qui porte une magnifique veste en cuir, un pantalon beige et un chapeau mou à la Humphrey Bogart.

La suite, tout comme son générique, vous la connaissez toujours par cœur. Indiana Jones est encore revenu 3 fois sur grand écran, soit dans "Indiana Jones et le Temple maudit" (1984), dans "Indiana Jones et la Dernière Croisade" (1989) et dans "Indiana Jones et le Royaume du crâne de cristal" (2008). Aujourd’hui, ce sont les Studios Disney qui possèdent les droits de la franchise (après avoir racheté les productions et tout le catalogue de George Lucas). Tel un trésor enfoui, recherché par notre archéologue préféré, un 5e film, réalisé par James Mangold ("Copland", "Le Mans 66"), toujours avec Harrison Ford (78 ans), devrait donc être mis au jour en 2022. D’ici là, ça nous laisse un peu de temps pour nous mettre d’accord sur notre version karaoké de son générique. "Tatalatin ta ta nin, tatalatin ta ta nin nin nin…"