Il était une fois… les 20 ans de Shrek

Sorti au début en été 2001, l’ogre Shrek a tout dévoré sur son passage. Il a surtout fait valdinguer l’empereur Disney de son piédestal. Avec l’arrivée de l’autre géant vert et la concurrence d’autres sociétés de productions plus modestes, le monopole du Studio aux Grandes Oreilles s’est fini aux oubliettes d’un château de conte de fées que nous vous détaillons là maintenant tout de suite…

Il était une fois, il y a fort longtemps, une princesse au minois charmant…

Une princesse touchée par une terrible malédiction que seul l’amour sincère d’un premier baiser peut briser. Il ne reste plus qu’à trouver le prince charmant et vaillant prêt à se battre contre un vil dragon pour lui donner ladite bise (ça sonne comme un titre des Beatles ça non)…

Non mais comme si ça existait des trucs pareils !?

Une réflexion immédiatement suivie d’une chasse d’eau qu’on tire. Ce début de conte de fées vient d’être lu aux toilettes et son lecteur n’y croit pas. Il ne croit pas à la magie. Et pourtant, ce lecteur pas comme les autres est un ogre. Voilà comment, en été 2001, nous avons fait la connaissance de Shrek. Sur le trône ! Enfin, là où le Roi se rend seul. Et pour notre plus grand plaisir. Enfin, je parle de la rencontre de Shrek bien évidemment. Car voilà comment démarre cette aventure qui a révolutionné le monde de l’Animation…

Oui, il y a un avant et un après "Shrek" du duo Andrew Adamson et Vicky Jenson. Avant Shrek, en gros, les productions Disney cartonnaient partout où elles étaient diffusées, quelle que soit la qualité. Il existait bel et bien d’autres producteurs d’excellents films animés mais leurs succès ne valaient rien aux côtés des Disney. Après Shrek, d’autres sociétés se sont mises à produire des dessins animés qualitatifs en masse. Mais revenons à notre "avant Shrek". C’est dans cet univers (quasi) monopolistique que 3 preux chevaliers de la prod ont créé en 1998 DreamWorks SKG Animation. SKG pour Steven Spielberg (qu’on ne présente plus), Jeffrey Katzenberg (soit l’ancien responsable de la Walt Disney Feature Animation) et David Geffen (l’homme qui créa le label musical Geffen Records ayant entre autres signés les Guns’n’Roses et Nirvana). DreamWorks avait déjà produit et sortis quelques bons films mais là, la société était prête à s’attaquer au géant Disney. Et quitte à se battre contre le géant des contes de fées, autant le faire sur son terrain de jeu en proposant une histoire de conte de fées. Mieux encore, une histoire réunissant toutes les figures connues des contes de fées avec un méchant comme gentil. L’ogre habituellement pourchassé devient donc ici le héros. Et quel héros, à la fois grossier, vulgaire et mal élevé mais terriblement attachant avec son bon fond (des marais). Rajoutez-lui un âne collant, véritable moulin à paroles et le tour est joué. Et pour la jeune et jolie princesse, me direz-vous ? Bah, si elle pouvait être tout aussi vulgaire que Shrek mais beaucoup plus badass, alors tout serait parfait ! Et c’est ce qui a été imaginé avec Fiona.

En plus de cela, pour réellement concurrencer Disney et offrir un petit plus, chez DreamWorks, on a eu l’idée de demander à des acteurs connus et reconnus de tous de prêter leur voix. Avant (encore), les personnages des dessins animés étaient (quasi) tous doublés par des acteurs… de doublage, dont c’est la principale activité. Après, toutes les sociétés de productions ont demandé à des stars du grand écran de doubler leurs personnages (tout en continuant de faire appel aux acteurs de doublage pour les héros secondaires). Ici, Shrek, il a quand même été joué par Mike Myers ("Wayne’s world", "Austin Powers"), l’âne par Eddy Murphy et la princesse Fiona par Cameron Diaz. En français, le casting aussi était excellent puisque vous aviez Alain Chabat dans le rôle de l’ogre vert.

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Dans sa course au succès, Shrek a dépassé Disney © DreamWorks Animation

L’autre révolution de ce film d’animation reste son animation justement. Entièrement réalisée par ordinateur (la norme depuis l’incroyable succès de "Toy Story" en 1995 des studios Pixar), ce film bénéficie d’une toute nouvelle technologie, le PDI Facial System ou en français dans le texte le Système d’animation faciale PDI (pour Pacific Data Image, une société de production d’images créées par ordinateur appartenant à… DreamWorks). Ce programme informatique ingénieux propose pour chaque personnage de d’abord créer un squelette virtuel. Sur ces os 2.0 qui peuvent être articulés comme n’importe quel squelette, l’animateur pose des muscles (qui peuvent bouger comme les vôtres), des tendons et une peau ! Comme ça, tous ces éléments sont indépendants les uns des autres et peuvent être manipulés comme bon nous semble. Notre personnage virtuel se retrouve donc plus vrai que nature, plus vivant que jamais. On peut même lui rajouter des cernes et autres ridules. Oui mais voilà, avec autant d’authenticité, avec ces aspects beaucoup trop réalistes, ces personnages sont trop humains. Il faut alors imaginer des imperfections. Une imperfection qui devient perfection… à l’image de Shrek, l’ogre qui devient chevalier, le méchant qui se transforme en gentil.

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Shrek, une saga qui a fait des petits © DreanmWorks Animation

La suite, vous la connaissez. Shrek et Fiona vont faire des petits avec 4 suites en salles, à savoir "Shrek 2", "Shrek le troisième", "Shrek 4" et "Shrek 5" (prévu en septembre 2022). Sans oublier leurs 5 courts-métrages comme "Shrek 3D", "Joyeux Noël Shrek !", "Shrek, fais-moi peur !", "Le Noël Shrektaculaire de l’Âne" et "Shrek’s Thriller Night". Même le Chat Potté, l’un des personnages apparus dans "Shrek 2", a connu les honneurs d’un long, d’un court et d’une série animée.

Encore un détail, le premier épisode de cette saga a aussi fait le bonheur du Festival de Cannes en mai 2001 pour une avant-première mondiale. Autre première, autre révolution, et non des moindres, "Shrek" reçut le premier Oscar du meilleur film d’animation (en 2002) de l’Histoire (encore et toujours au nez et à la barbe de Disney). Avant, les films d’animation concouraient dans la catégorie du Meilleur film. Finalement, comme on dit dans les contes de fées…

Avec des films comme Shrek, ce sont nos enfants qui vécurent heureux pendant longtemps !