Human Flow : l'humain derrière le réfugié

Human Flow : l'humain derrière le réfugié
Human Flow : l'humain derrière le réfugié - © Human Flow

L’artiste chinois Ai Weiwei s’intéresse à la cause des réfugiés, des hommes, femmes et enfants qui fuient un danger imminent dans son documentaire "Human Flow".

 

Le film sorti le 24 janvier sur nos écrans belges a été écrit et réalisé par Ai Weiwei, haute figure de l’art conceptuel indépendant. L’artiste chinois, connu pour ses actes militants s’intéresse cette fois-ci au sort des réfugiés à travers le monde. Ces dernières années, ce sont 65 millions de personnes qui ont été poussées à fuir leur pays d’origine à cause de leur religion, de la guerre, de la faim, des changements climatiques. Ces personnes viennent du Moyen-Orient, d’Asie, d’Afrique, d’Amérique latine, ils ont tout laissé et rêvent d’un avenir meilleur pour eux et leurs enfants et pourtant, peu sont les bienvenus là où ils passent. L’Europe, mais aussi les Etats-Unis, la Turquie et les pays voisins aux crises doivent faire face à un flux migratoire sans précédent, c’est la plus grande période de déplacement humain depuis la seconde guerre mondiale, et les pays ne savent pas trop comment réagir. Sur la route des déplacés, beaucoup de frontières se ferment, contraignant parfois les réfugiés à s’établir dans des camps de fortune aux conditions inhumaines et dans l’indifférence générale, mais tous s’accrochent à l’espoir. Ai Weiwei a tourné ce documentaire dans une vingtaine de pays durant un an, pour donner un aperçu global de la situation

 

“Human Flow” veut faire resurgir la question humaine dans ce qu’on appelle aujourd’hui la crise des réfugiés”. Ce sont en fait nos voisins humains qui appellent à l’aide parce qu’ils sont contraints de quitter leur pays, c’est une question de survie et pourtant beaucoup de pays leur tournent le dos à cause de la peur de l’étranger. Le documentaire réussit à redonner un visage humain à la situation grâce à de nombreux témoignages et des images de terrain. Pour les appuyer, des chiffres arrivent en toile de fond ainsi que des précisions, pour ceux qui ne le savent pas, la plupart des déplacements de populations sont dus à des interventions occidentales qui ont ébranlé l’équilibre de pays, c’est le cas dans plusieurs pays du Moyen-Orient et d’Afrique. 

 

Ai Weiwei mélange habilement les plans documentaires et les images faites au téléphone, les interviews et les images faites au drone. Une multiplicité nécessaire pour les différentes phases du documentaire. Ce que l’on pourrait par contre reprocher à l’artiste est le fait qu’il apparaisse souvent dans les plans et se mettant littéralement en scène, était-ce nécessaire pour faire passer le message ? "Human Flow" reste une belle interpellation générale et un beau documentaire de sensibilisation à un phénomène qui ne fait que débuter.

 

 

Human Flow passe à Bruxelles au Cinéma Aventure (jusqu’au 29 janvier) et à l’UGC Toison d’Or (jusque mardi 30 janvier)