"Good Time" : Robert Pattinson poursuit sa mue et plonge dans un New York électrique

"Good Time"
"Good Time" - © Ad Vitam

Révélé par la saga "Twilight", Robert Pattinson creuse son sillon dans le cinéma indépendant avec "Good Time", un film sous adrénaline au cours d'une nuit à New York, réalisé par deux jeunes réalisateurs américains, les frères Safdie.

Dans ce film survolté, l'acteur qui fut longtemps le chouchou des adolescentes, s'amuse à casser son image : il arbore une teinture blonde et un look streetwear pour coller au mieux à son personnage de mauvais garçon... au grand coeur.

"Good Time" est l'histoire d'un braquage qui tourne mal et du contre-la-montre pour faire évader un des malfaiteurs. Connie (Robert Pattinson) et son frère Nick, souffrant de retard mental (Ben Safdie, un des deux réalisateurs), braquent une banque en plein jour. Tout se déroule selon leurs plans jusqu'à ce que Nick se fasse repérer par la police, puis arrêter.

D'une abnégation totale, son frère va tenter de le sortir de là, au cours d'une nuit folle qui va le mener chez un receleur, dans un parc d'attraction ou encore dans l'appartement d'une grand-mère vivant avec sa petite-fille de 16 ans.

Une virée nocturne qui n'est pas sans rappeler "After hours" de Martin Scorsese, plongée hallucinante et pleine de rencontres dans le New York des années 80, et "Mean Streets" du même réalisateur, pour son tableau du milieu interlope.

Mise en scène fiévreuse, bande-son électro et couleurs flashy : le film a électrisé les spectateurs à Cannes, où il était en compétition, puis à Deauville plus récemment.

Connie est "un personnage amoral qui est soudainement forcé de prendre soin" de quelqu'un, décrivait Robert Pattinson à Cannes. Saluée par la critique, sa performance nerveuse est la "meilleure de toute sa carrière", estimait le site IndieWire.

Virage

L'acteur a déjà été remarqué cette année dans "The lost city of Z" de James Gray, où il confirme son virage vers des oeuvres plus risquées, après "Cosmopolis" (2012) et "Maps to the stars" (2014) de David Cronenberg ou encore "Life" d'Anton Corbijn (2015).

Aux côtés de l'acteur britannique de 31 ans apparaît également Jennifer Jason Leigh, qui a fait son grand retour au cinéma en 2015 chez Tarantino, dans "Les huit salopards".

En dehors de ces deux têtes d'affiche, le reste de la distribution de "Good Time" est composé d'acteurs peu connus comme Buddy Duress, une "gueule", habitué du cinéma des frères Safdie et ancien délinquant, ainsi que des figurants découverts lors de castings de rue.

Une particularité qui confère force et véracité au portrait de New York, en particulier du quartier de Queens, situé en face de Manhattan et à l'image un peu banlieusarde.

Le film peut aussi compter sur une bande-son sophistiquée grâce au musicien expérimental Oneohtrix Point Never, qui s'est associé à l'icône rock Iggy Pop, dont la voix hante la scène finale particulièrement émouvante.

Purs produits new-yorkais, les frères Safdie (Josh et Ben) ont jusqu'ici réalisé des films explorant les failles de l'âme humaine et la notion d'échec dans nos sociétés.

Après le portrait d'un père à la fois aimant et irresponsable dans "Daddy Longlegs", leur premier long métrage en 2009, inspiré de leur géniteur, ils ont réalisé plusieurs films dont "Mad Love in New York" sur une toxicomane. Une oeuvre qui respirait l'urgence et l'empathie.

Un sentiment également perceptible dans "Good Time", film de braquage mais aussi portrait en creux d'une famille défaillante et d'une indéfectible amitié entre frères.