Festival Millenium 2018 : "Quartier libre"

Le festival du documentaire bruxellois diffusait samedi 24 mars Quartier Libre”, un documentaire belge sur le quartier autonome de la Baraque à Louvain-la-Neuve.

 

Il faut remonter à l’installation de l’Université de Louvain-la-Neuve à Ottignies en 1972 pour retracer l’histoire du quartier alternatif de la Baraque. Ne désirant pas vivre dans cette cité estudiantine et souhaitant s’établir plus proche de la nature et en autonomie, un groupe d’étudiants en architecture à l’UCL commence à imaginer un petit village utopiste et communautaire. Ils s’établissent alors dans une prairie, y installent des serres, des bulles”, des cabanes et des roulottes. Ce qui ne devait être qu’une expérience a finalement perduré jusqu’à aujourd’hui. Près de 150 personnes plus ou moins en marge ou en désaccord avec la société y vivent, dont 40 enfants. Pour les habitants, il s’agit d’un mode de vie qui a plus de sens, ils ne payent pas de loyer et s’auto-gèrent, ils possèdent leur propre système. Certains y vivent depuis près de 30 ans.

 

Vinciane Zech et Virginie Saint-Martin sont allées à la rencontre de Baudet, Mary-Line, Smerf, Christine, Caroline, Rosalie et les autres. Les deux réalisatrices sont arrivées au moment où la vie des habitants de la Baraque allait être chamboulée par un projet de construction de parking tout à côté de leur lieu de vie. Devant la caméra, le chantier commence, des arbres se font mutiler, arrachés… Les Baraquis” (comme ils se prénomment eux-mêmes) se mettent alors à agir en espérant garder leur havre de paix, leur bulle hors du monde.

 

“Quartier Libre” laisse la parole à ses habitants qui se racontent à travers leur quotidien et ce combat qui s’annonce. C’est toute la philosophie de ce quartier qui est remise en question par l’arrivée des tractopelles. Comme si l’utopie d’une communauté autonome, rare dans le système uniformisé actuel, dérangeait. Pourtant à la Baraque, beaucoup ont trouvé un refuge, sans le quartier, certains se seraient probablement à la rue ou auraient sombré. C’est l’histoire de ce lieu hors du commun construit comme une expérience communautaire qui a porté ses fruits qui émerge de ce joli documentaire, c’est l’histoire d’une bataille contre le système, le récit d’une transformation.