Festival de Cannes, 2ème film en compétition : "Yomeddine", road movie égyptien

Le réalisateur égyptien A.B Shawky à Cannes
Le réalisateur égyptien A.B Shawky à Cannes - © ALBERTO PIZZOLI - AFP

"Yomeddine", en arabe, désigne le jour du Jugement dernier, le moment où tous les hommes seront considérés comme égaux, et jugés en fonction de leurs actes et non de leur apparence. Le personnage principal du film, c’est Beshay, un lépreux qui a été abandonné enfant par sa famille dans une léproserie. Devenu adulte et subitement veuf, Beshay décide de se lancer dans un long périple à travers l’Egypte pour tenter de retrouver la maison familiale. Il est accompagné dans son voyage par un jeune garçon des rues, un Nubien surnommé Obama.

"Yomeddine" est le premier long-métrage d’un jeune réalisateur égyptien, A.B. Shawky, qui a recruté des acteurs non professionnels dont un authentique lépreux, Rady Gamal, pour incarner le héros de son film. Avec ce casting le film devrait avoir toutes les qualités d’un drame réaliste, et pourtant il apparaît souvent comme très artificiel et fabriqué. Peut-être parce qu’A.B. Shawky a fait ses études de cinéma à Nex York et qu’il est influencé par le sentimentalisme de certains "road movies" américains. De son propre aveu, le jeune cinéaste a voulu réaliser un "feel good movie". Résultat : un excès de bons sentiments finit par rendre "Yomeddine" très indigeste. C’est dommage, car sur le papier, il y avait matière pour un film beaucoup plus pur et plus fort. Mais ce sentimentalisme appuyé pourrait plaire à une frange du jury.