"Feral" : les enfants sauvages

Le réalisateur Daniel Sousa s’est inspiré des histoires d’enfants sauvages pour ce court métrage qui interroge la part d’inné et d’acquis chez l’être humain. 

 

Nominé pour le Prix du meilleur court métrage aux Oscars en 2014, à Sundance en 2013… “Feral” a remporté les prix au Festival d’Annecy en 2013 et Anima, à Bruxelles. Le court métrage signé Daniel Sousa raconte l’histoire d’un garçon retrouvé dans les bois, il est en Staff Pick Premiere. Sauvage, il se fait capturer lors d’une traque pour un retour à la civilisation. Le jeune garçon élevé par les loups va devoir se faire à son nouvel environnement, mais dès lors qu’un danger survient, il met en place la même technique de défense que lorsqu’il vivait en forêt, sans succès. L’enfant sauvage sera alors enfermé, comme un loup.

 

Le court métrage “Feral” est en fait inspiré de l’histoire de Victor d’Aveyron, un petit garçon sauvage découvert dans les bois à la fin XVIIIe siècle ou encore de celle de Kaspar Hauser, soupçonné aussi d’être un jeune homme sauvage à cause de ses grognements. Les deux récits qui sont peut-être des mythes font état de ce que l’on appelle le marronnage (ou féralisation, d’où le titre du film “Feral”), qui signifie le retour à l’état sauvage d’animaux domestiqués, même si ici on parle d’êtres humains.

 

C’est ce concept de féralisation qu’explore donc Daniel Sousa dans ce film d’une dizaine de minutes à l’aspect poétique et violent. Il interroge ici la part d’apprentissage et d’éducation chez un être humain et comment il réagit quand il est élevé par lui-même ou par d’autres animaux. Le film a été en partie dessiné à la main au fusain mais aussi à la peinture et monté numériquement donnant un conte presque sociologique.