Exclusivité Auvio : Making Waves, l'art du son au cinéma

Mono-stereo-surround-effets spéciaux… un siècle d’évolution du son au cinéma raconté par de grands réalisateurs américains. Et avant tout par les pionniers du design sonore qui ont fait le succès de leurs films. Mais qui connait le nom de Walter Murch, Ben Burtt ou Gary Rydstrom ? 

1974, George Lucas a un problème. Quelles voix donner aux créatures qu’il a imaginées pour son nouveau projet Star Wars ? Quel langage pour R2-D2, le robot sans bouche ? quels sons pour Chewbacca et ses camarades Wookiees ? Ben Burtt va trouver la solution. Making Waves est réalisé par la monteuse de son hollywoodienne Midge Costin. Une vétérante qui sait de quoi elle parle. Elle met un soin tout particulier à donner la parole à ces héros méconnus qui, à grand renfort d'anecdotes, révèlent le pouvoir caché du son au cinéma. 

 

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Le son est une façon complètement émotionnelle de vivre un film. Tout l’art du son est de nous faire croire à la réalité de l'univers présenté à l'écran. Ou à nous faire entrer dans la tête du personnage. Making Waves débute avec la révolution du cinéma parlant et les films tournés uniquement en studio, avec un maigre son mono et un maximum de musique pour créer l'émotion.

 

King Kong et la Nouvelle Vague

Remercions King Kong (1933) qui salue la naissance du sound design. Il fallait imaginer l’univers sonore d’une créature qui n’existe pas dans la réalité. Murray Spivack va mixer le rugissement d'un tigre, au ralenti et inversé, avec celui d'un lion pour créer le mythique rugissement de la bête. Orson Welles et Hitchcock seront d'autres artisans du travail du son. 

Dans les années 60, l'enregistreur portable permettra de tourner en extérieur et les américains s'inspireront de la Nouvelle VagueMais le coeur de Making Waves, c'est la révolution des années 70 autour de films emblématiques comme Star Wars et Apocalypse Now

 

Ben Burtt et Georges Lucas

En 1971 George Lucas réalise le film d'anticipation THX1138. Ben Burtt en créé tous les sons. Le film est un échec commercial. Lucas se rattrape avec Le Parrain, un film de commande pour lequel il s'inspire des effets sonores des films d’auteurs européens. Il utilise des sons abstraits après avoir découvert la musique concrète de Pierre Henry. Le succès est au rendez-vous.

Star Wars est tourné en Dolby Stéréo

C'est une révolution dans les salles de cinéma. Si le disque vinyl est en stéréo depuis les années 50, le cinéma était resté en mono. Pour Star Wars, Lucas refuse l'emploi de sons électroniques en vogue dans les films de science-fiction. Il veut une bande son "organique".

Fans de Star Wars, sachez que le son des lasers, des vaisseaux spatiaux et autres engins sont tirés de sons réels d’avions, de machines, de grésillement de téléviseur, de test de respiration en plongée pour Dark Vador... Ben Burtt mettra 1 an et demi pour constituer cette banque de sons.  Il repartira avec un Oscar en 1978. 

 

Alan Splet et David Lynch: le défi du cinéma abstrait

Pour David Lynch, le son doit traduire ce qu’il appelle " l’océan infini et sans limites de la conscience à la base de tout esprit. " Un fameux défi pour Alan Splet, un expérimentateur enthousiaste avec pourtant un solide background de musique classique. 

 

Walter Murch et Francis Ford Coppola : le Dolby Surround

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Tout au long de Making Waves, on constate les liens étroits entre de l'évolution technique et la créativité. Apocalypse Now est projeté en Dolby Surround. Tout à coup, 6 pistes pour 6 hauts-parleurs sont disposés dans la salle de cinéma. Désormais le son vous traverse la tête. Un territoire inconnu ! Jamais réalisé auparavant. Comment imaginer un blockbuster sans spatialisation du son aujourd'hui ?

Comme Hitchcock avant lui, Coppola précise l'ambiance sonore pour chaque scène dans son scénario. Comme dans le cinéma de David Lynch, toutes les manipulations du son sont possibles puisque tout ce qu’on voit et qu’on entend passe par le filtre de la conscience  du personnage, halluciné sur son lit dans une chambre d'hôtel à Saïgon. Les anecdotes racontées par Walter Murch sont à la hauteur de la réputation chaotique du tournage. 

La révolution numérique

Jusqu’au milieu des années 90, on montait le son sur des bandes magnétiques. A partir de 95, les sons sont entrés en numérique dans un logiciel comme Pro Tools. On pouvait visualiser et entendre toutes les pistes en même temps dans un seul outil. La numérisation du son ouvre le développement infini des effets spéciaux. Laissons la conclusion à David Lynch : aujourd’hui il existe tellement d’outils technologiques pour manipuler le son, qu’on peut réaliser tout ce qui naît de notre imagination.

 

Making Waves, l'art du son au cinéma : de nombreuses anecdotes, des interviews de stars et, on peut le regretter, une évolution entièrement attribuée au cinéma américain.

En exclusivité sur Auvio jusqu'au 14/05/2021

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