"Everest": un drame épique en 3D dans l'Himalaya

La montagne impressionnante en 3D et des stars: avec "Everest", film à grand spectacle avec Jake Gyllenhaal et Josh Brolin, le réalisateur islandais Baltasar Kormakur signe un drame himalayen, basé sur l'histoire vraie d'alpinistes pris dans une tempête en 1996.

A la fois film catastrophe et portrait d'une nature majestueuse et sauvage mais terrifiante, "Everest", film d'ouverture de la Mostra de Venise et du Festival de cinéma américain de Deauville début septembre, est une adaptation du livre "Tragédie à l'Everest" du journaliste et alpiniste Jon Krakauer, publié en 1997.

Il raconte l'histoire vraie de deux expéditions tragiques dans l'Himalaya, auxquelles avait participé Jon Krakauer. Leurs participants avaient été pris dans une violente tempête de neige qui avait coûté la vie à plusieurs d'entre eux les 10 et 11 mai 1996.

Tourné en partie au Népal et dans les Alpes italiennes, ce film d'aventure à suspense américano-islando-britannique, aux plus de 50 millions de dollars de budget, s'intéresse au destin de quelques-uns de ces alpinistes, des préparatifs et de l'entraînement à l'ascension puis à la tragédie.

Emmenés par deux guides aux personnalités et aux méthodes bien différentes, Rob Hall - incarné par l'acteur australien Jason Clarke ("Zero Dark Thirty") - attendu par sa femme enceinte (Keira Knightley) et le laxiste Scott Fischer, joué par Jake Gyllenhaal (Le Secret de Brokeback Mountain"), ces aventuriers vont lutter contre les éléments les plus extrêmes, puis pour leur survie.

Parmi eux, Beck Weathers, un Texan joué par Josh Brolin ("No Country For Old Men"), attendu par sa femme aux Etats-Unis (Robin Wright), ou encore Doug Hansen, un facteur fauché (John Hawkes).

'Métaphore de l'ambition'

Tous vont se retrouver aux prises avec la montagne, dans un film de facture classique mais qui fait ressentir le manque d'oxygène, le vertige et les défis impressionnants que représente cette ascension, tout en insistant sur la beauté de la nature et l'émotion dans les scènes les plus tragiques.

Baltasar Kormakur, 49 ans, dont c'est le dixième film après "101 Reykjavik", "Jar City" ou "Survivre" (qui racontait en 2012 l'histoire du rescapé d'un naufrage) prend le temps d'installer la situation et de mettre en place tous les ingrédients d'un drame, qui va se révéler peu à peu inexorable.

"Les paysages et les effets du climat constituent une part de mon identité car en Islande, la nature n'est jamais bien loin", souligne le réalisateur, également créateur de la série télévisée "Trapped", qui se déroule dans un village islandais bloqué par une tempête de neige, et dont un épisode a été présenté cette semaine au Festival international du film de Toronto (TIFF).

"J'ai toujours eu envie de raconter une histoire sur des gens qui affrontent la nature dans toute sa brutalité et qui grâce à cela, se révèlent subtilement à eux-mêmes", ajoute-t-il. "Les éruptions volcaniques et les villages emportés par des avalanches nous rappellent la puissance de mère Nature."

"Raconter une histoire exceptionnelle sur le sommet le plus haut du monde était une opportunité unique à ne rater sous aucun prétexte", estime-t-il.

Le film pose aussi la question des risques parfois sous-estimés de l'alpinisme et de la commercialisation des expéditions dans l'Himalaya.

Pour son réalisateur, il est également "une métaphore de l'ambition".

"On peut se demander pourquoi on souhaite gravir l'Everest, et personne ne peut vraiment répondre à une telle question", souligne-t-il.

"Il y a la montagne d'un côté et il y a le foyer de l'autre, et la distance entre les deux est immense, car chacun des deux pôles vous attire dans deux directions diamétralement opposées."