Envie de cadavres et de rire ? "Refroidis", thriller norvégien sanglant et drôle

"Refroidis"
"Refroidis" - © ©All Right Reserved/Chrysalis Films

Un drame pour commencer, beaucoup de cadavres après et malgré tout, on rit aux éclats: bienvenue sur les montages enneigées norvégiennes et une comédie déjantée, "Refroidis", selon laquelle la vengeance est un plat qui se mange glacé.

Nils (l'excellent acteur suédois Stellan Skarsgard, récemment échappé de "Nymphomaniac") travaille comme conducteur d'engin de déneigement sur les routes de montagnes norvégiennes.

Un jour, sa femme reçoit au téléphone une terrible nouvelle: leur fils, récemment parti étudier à Oslo, est retrouvé mort des suites d'une overdose.

La police croit que le jeune homme était un junkie mais pas son père. Nils décide alors de faire justice lui-même. Et le bon père de famille récemment élu "citoyen de l'année" dans son petit village devient un tueur qui n'a pas plus d'état d'âme que les trafiquants de drogue.

Le chef d'une des bandes surnommé "Le Comte" (Pal Sverre Hagen, délicieusement sadique mais père attentif) a un goût douteux en matière de décoration. Il est tout aussi sanguinaire qu'il est végétarien, etc.

En face, l'acteur suisse Bruno Ganz, méconnaissable, campe un non moins sanguinaire patron de la mafia serbe répondant au doux nom de "Papa".

Interrogé lors du dernier Festival de Berlin, où le film était projeté en avant-première mondiale, sur la violence récurrente de ses films, le réalisateur Hans Petter Moland a répondu ne "pas savoir si elle le fascinait".

"Cette fois-ci, il s'agit d'un personnage qui ne veut pas être violent mais qui ne peut pas se retenir. Le film traite de la violence en nous, qu'heureusement nous contenons mais qui parfois, explose", a poursuivi Moland.

"Il était intéressant de voir ce que deviennent des personnes normales" dans ce genre de situation, a-t-il dit encore dit.

L'humour, généré par les erreurs successives des malfrats, est également alimenté par une série de clichés ou des points de vue absurdes sur les pays et les cultures des autres pays.

"Pions d'un jeu"

"Le comte" confond Albanais et Serbes, un autre malfrat juge que si les pays du nord ont pu se doter d'une protection sociale, les pays du sud ne pensent qu'au plaisir: "Le soleil ou les aides, c'est le choix à faire". Un malfrat serbe vante à un autre les prisons norvégiennes où il s'est fait soigner toutes ses dents, où on mange très bien et où il n'y a pas de viols; bref, "la civilisation".

Autre manière de faire rire le spectateur: à chaque nouveau cadavre, un faire-part apparaît en noir sur l'écran. Au-dessus du nom et, selon les cas, figure une croix protestante ou orthodoxe.

"Comme des pions d'un jeu qui sont éliminés et ne peuvent plus jouer", relève Hans Petter Moland.

Stellan Skarsgard, couronné à Berlin du prix d'interprétation masculine en 1982 pour "L'assassin candide", en est à sa quatrième collaboration avec Moland. Il est aussi un des acteurs fétiches de Lars von Trier.

Quant à Bruno Ganz, qui s'est "beaucoup amusé sur le tournage", il a dû apprendre une douzaine de phrases en serbe pour le rôle.

"Refroidis" (titre original "In order of disappearance") est le septième long métrage de Hans Petter Moland, auteur d'oeuvres très variées, de la tragédie à la comédie en passant par le road movie ("Aberdeen", "The beautiful country", "Un chic type", etc.). La plupart de ses films ont été présentés dans des festivals comme la Berlinale ou Saint-Sébastien.

 

AFP Relax News