Eddie Murphy, de la success story au Razzie Award du pire acteur

Happy you Eddie ! Ce 3 avril, l’acteur Eddie Murphy a célébré son 60e anniversaire. L’occasion pour nous de revenir sur ses années de gloire, les 80' où tout lui réussissait, et le reste, lui qui a reçu le Razzie Award du Pire Acteur des années 2010…

Une moustache élégante, un rire unique et une filmographie qui démarre sur les chapeaux de roues. Dans les années 80, Eddie Murphy réussit tout ce qu’il touche. Ce n’est pas compliqué, il incarne à merveille la comédie d’action, entre coolitude et simplicité, face aux montagnes de muscles à la Schwarzy et Stallone qui trustent eux aussi le haut du Box-Office. Prenez tous les films de Murphy de cette époque, ils ont tous cartonné. D’abord parce qu’ils sont bons. Ensuite parce qu’ils mélangent habillement sérieux et humour.

Tout commence avec "48 heures" de Walter Hill, un buddy movie (un film de potes en VF dans le texte soit un duo improbable qui surmonte leurs différences marquées pour gagner à la fin, désolé pour le spoil mais bon c’est la définition de ce genre nouveau ces années-là) pour lequel il partage l’affiche avec Nick Nolte. Un polar enlevé où Eddie Murphy impose sa gouaille et son large sourire dans un monde de brutes.

Dans "Un fauteuil pour deux" de John Landis avec Dan Akroyd, Murphy se moque de ces financiers pour qui l’argent n’est qu’un jeu au mépris des petites gens. Là aussi, le succès est au rendez-vous. Il enchaîne encore avec "Le flic de Beverly Hills". Nous sommes en 1984 et tout Hollywood est à ses pieds. Son personnage d’Axel Foley plaît à toutes et tous. Mieux encore, la musique du film (que tout le monde reconnaît dès les premières notes) représente plus que jamais ce son typique des années 80, entre électro et pop synthé. Rajoutez encore d’autres films à (re)voir comme "Golden child, l’enfant sacré du Tibet" ou "Un prince à New-York" et le tour est joué.

En une décennie, Eddie Murphy s’impose comme une figure à part entière alors qu’avant lui, d’autres acteurs afro-américains, comme Sidney Poitier, Richard Pryor et Danny Glover, ont mis plus de temps à se faire accepter. Devenu incontournable, il a ouvert la voie à d’autres, bien des années plus tard, sur d’autres registres, comme en vrac et dans le désordre, Denzel Washington, Will Smith, Morgan Freeman (sur le tard), Samuel L. 'Motherfuck…' Jackson ou, pour la nouvelle génération d’aujourd’hui, Anthony Mackie et Michael B. Jordan.

Eddie Murphy n’est pas apparu du jour au lendemain au cinéma. Ses premières armes et ses premières balles sont tirées sur scène, en stand up. Il intègre aussi, à 19 ans à peine, l’équipe de la célèbre émission humoristique américaine "Saturday Night Live" (SNL pour les initiés) qui avait déjà révélé des rigolos comme Chevy Chase, Dan Ackroyd (encore lui) ou le grand Bill Murray ! Mais le modèle d’Eddie Murphy a toujours été Richard Pryor avec qui il tourne en 1989 "Les nuits de Harlem", une comédie dramatique (qu’il réalise et qu’il scénarise) hommage aux films noirs sur fond de prohibition. Pour ce film, Murphy reçoit le Razzie Award du Pire scénario de l’année (soit l’anti-Oscar). Un signe ? Une prémonition, celle d’une carrière qui va décliner ? Allez savoir...

En attendant, il faut bien avouer qu’il n’a pas réellement bien choisi ses rôles ou plutôt que les histoires dans lesquelles il apparaît sont davantage vulgaires que drôles. Même si, vous le savez, les goûts et les couleurs… Bref, sa comédie romantique "Boomerang" passe encore mais que dire d’un "Vampire à Brooklyn" ou du "Professeur Foldingue" où il incarne 7 personnages, hommes et femmes, jeunes et vieux !? Une comédie bien lourde au propre comme au figuré. D’ailleurs, l’Académie des Razzies ne va pas le rater. Après 9 nominations (un bien triste record), en 2010, le voilà lauréat du prix de la Framboise d’Or (traduction française de la cérémonie) du Pire acteur de la décennie avec des films comme "Pluto Nash" (2002), "Espion et demi" (2002), "Showtime" (2002), "Norbit" (2007), "Appelez-moi Dave" (2008) et "Dans ses rêves" (2009).

Ils me donnaient des Razzies et moi je me disais qu’il était temps d’arrêter…

Clairvoyant, sensé, honnête envers lui-même… mais surtout lucide, devant tant d’échecs, Eddie Murphy a fait un pas de côté, déclarant un jour : "Je faisais des films de merde. Ils me donnaient des Razzies. Ils m’ont donné le Razzie du Pire acteur de tous les temps. Alors j’ai pensé qu’il était peut-être temps de faire une pause ! ? J’allais juste faire une pause d’un an. Puis tout d’un coup, six ans ont passé…"

Pendant cette période, Eddie Murphy s’est occupé de sa famille. Une famille qui n’a cessé de grandir. Aujourd’hui, il est papa de 10 enfants (avec 5 femmes différentes). Mais il a encore cherché des rôles plus profonds, plus denses comme dans "Dreamgirls" (une comédie musicale racontant l’histoire du groupe Diana Ross & The Supremes) pour lequel il a obtenu une nomination à l’Oscar du Meilleur second rôle. Et puis, il y a eu Donkey, l’âne de la saga "Shrek" (on attend toujours le 5e opus annoncé depuis tant d’années). Juste comme ça, rendons aussi hommage à travers ce portrait au comédien franco-mauritanien Med Hondo, décédé en 2019, qui lui a prêté sa voix durant cette longue carrière. Dans les pays francophones, le succès d’Eddie Murphy est dû, aussi (ou en partie), grâce à cette voix typique et inimitable.

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Eddie Murphy en VO + Med Hondo en VF + Donkey l’âne de Shrek © Droits réservés

Aujourd’hui, il revient avec la suite des aventures du prince Akeem dans "Un prince à New-York 2" où il continue d’incarner plusieurs personnages même si, comme je vous le disais en début d’article, sa meilleure incarnation reste ces fameuses années 80 balancées entre charme et nonchalance !