"Dream Empire", sur le boum immobilier chinois, vainqueur à Thessalonique

Le film danois "Dream Empire", sur les excès du boum immobilier chinois, a remporté dimanche soir "l'Alexandre d'Or" du festival du film documentaire de Thessalonique (nord de la Grèce).

Le film, dirigé par l'Américain David Borenstein, montre notamment l'utilisation d'étrangers comme figurants par des entreprises immobilières chinoises de la métropole du centre Chongqing, pour attirer les investisseurs.

C'est la première fois que le festival du documentaire, qui en est à sa 19ème édition, décerne un prix international. Le jury était présidé par un des principaux représentants européens du secteur, Paul Pauwels, directeur d'EDN (European Documentary Network).

"Machines", film indo-germano-finlandais de Rahul Jain, a obtenu le prix spécial du jury. Le film, qui décrit les conditions de travail dans une énorme usine textile de l'état du Gujarat (ouest de l'Inde), a également obtenu le prix de la FIPRESCI (Fédération internationale des critiques de films) et celui des Valeurs Humaines attribué par le Parlement grec.

Le jury a décerné une mention spéciale au film helléno-belgo-autrichien "Shingal, where are you?" d'Angelos Rallis, consacré au calvaire de la communauté yézidie en Irak.

Dans la section "Droits de l'Homme", le prix du jury Amnesty International est allé à "I am not your negro", film américano-franco-belgo-suisse de Raoul Peck et dans la catégorie "Habitat", le prix WWF a été décerné au film grec "Days of a Lake" de Pandora Mouriki.

Le festival de Thessalonique est une institution en Grèce, avec un festival de cinéma en novembre, qui en est à sa 57ème édition, le festival du film documentaire, et quatre salles de cinéma à Thessalonique dont il assure la programmation toute l'année.

Il est dirigé depuis l'année dernière par la Française Elise Jalladeau. Mme Jalladeau, ancienne productrice de films avec une importante carrière internationale, était arrivée en 2010 à Athènes comme attachée culturelle à l'ambassade de France à Athènes, notamment pour s'occuper du festival annuel du film francophone. Parallèlement, elle siégeait au conseil d'administration du Centre du film grec.

Elle a remporté l'appel d'offres de la direction du festival de Thessalonique face à une dizaine de professionnels grecs.

"Le gros problème de la Grèce n'est pas la créativité ni la force de son cinéma d'auteur, mais le manque de films commerciaux qui rapportent et soutiennent l'ensemble du secteur", a-t-elle estimé cette semaine auprès de l'AFP.

Le cinéma grec représente entre 8 et 10% des parts de marché dans les salles du pays, ce qui est mieux que dans d'autres pays européens, mais il se vend dans le pays moins d'un billet par personne et par an, a-t-elle relevé.