"Détours" : le court-métrage de Michel Gondry réalisé sur smartphone

Le réalisateur à qui Boris Vian va si bien est de retour avec un court-métrage d’une simplicité et d’un charme absolus. Et pour cause : Michel Gondry, en partenariat avec Apple, a filmé l’intégralité de ce court-métrage avec un iPhone.

Affranchi de tout l’appareillage encombrant des tournages habituels, le réalisateur de "L’Écume des Jours" filme une famille qui part en vacances. Sur le départ, le papa entasse toutes les affaires dans le fond du coffre. Toutes, sauf le vélo de la benjamine, un petit tricycle rouge. Le père s’empresse de l’accrocher à l’arrière de la voiture, mais à la première secousse il se détache du convoi. Après de nombreux kilomètres parcourus sur les routes de France, la fillette se rend compte que son objet adoré a disparu… Un bouleversement qui va la basculer dans le monde des grands…

Le charme de Michel Gondry tient dans sa capacité à créer de la poésie à partir de quelques bouts de ficelles. Dans "Détours", son habileté à gérer les accélérés, son goût pour les chansons et l’importance qu’il accorde aux sons transmettent à merveille cette ambiance si particulière des vacances. Avec ces paysages ensoleillés et le van, symbole intemporel des virées estivales, il nous plonge dans les souvenirs de notre tendre enfance.

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"Détours", Michel Gondry © Apple
"Détours", Making off, Michel Gondry © Apple

Cette simplicité réside aussi dans le dispositif qui est employé. Outre le coup de pub pour le dernier iPhone et ses fonctionnalités révolutionnaires, Michel Gondry rend hommage à l’artisanat des pères du cinéma. Avec un joyau de technologie dernier cri, il en revient néanmoins aux trucages que Georges Meliès utilisait il y a plus d’un siècle. Un mélange d’époques, chargé de nostalgie, qui joue avec les échelles et donne vie aux objets : animé en stop-motion, le vélo va tout tenter pour retrouver sa propriétaire. Dans une épopée folle, il traverse les routes sinueuses, roule sur les sentiers forestiers, se fait emporter par le courant des rivières…

L’utilisation d’un smartphone pour réaliser un film questionne aussi les nouveaux modes de captation vers lesquels les progrès technologiques nous conduisent. Ils offrent l’opportunité à quiconque de créer, sans s’encombrer d’une équipe de tournage. Ils permettent également de s’affranchir de soutiens financiers et proposent un vaste champ de possibilités. De nouvelles libertés donc, que Sean S. Baker avait embrassées il y a deux ans avec son film "Tangerine", entièrement filmé à l’iPhone.

En plus du court-métrage, le réalisateur donne quelques conseils pour filmer avec son smartphone en proposant une série de tutoriels à retrouver ici.