Décès de Christopher Plummer : la vraie histoire derrière "La Mélodie du Bonheur"

Décès de Christopher Plummer : la vraie histoire derrière "La Mélodie du Bonheur"
7 images
Décès de Christopher Plummer : la vraie histoire derrière "La Mélodie du Bonheur" - © Tous droits réservés

L’acteur canadien Christoper Plummer s’est fait connaître du grand public par son rôle du sévère capitaine Von Trapp, dans le classique La Mélodie du Bonheur. Mais saviez-vous que le film de 1965 était inspiré d’une histoire vraie ?

 

Christopher Plummer est décédé ce vendredi à l’âge de 91 ans. Dans La Mélodie du Bonheur, il incarnait à l’écran un homme austère, père de sept enfants, dans l’Autriche des années 30 bientôt annexée par l’Allemagne nazie. Sa rencontre avec Maria, une jeune nurse sans expérience (Julie Andrews) venue s’occuper de sa grande famille, va changer sa vie. Le tout, en chanson.

A sa sortie, le film est un véritable carton. Il rafle 5 Oscars, dont celui du meilleur film, et se paie même le luxe de dépasser le succès jusque-là inégalé d’Autant en emporte le vent, qui régnait sans partage sur le box-office mondial depuis près de 30 ans. Les chansons du film deviendront cultes, et les mélodies sont encore parfois réutilisées dans des tubes modernes (par les Pussycat Dolls ou Arianna Grande, par exemple). Le film est basé sur une comédie musicale sortie à Broadway 6 ans plus tôt, et les chansons en sont presque toutes tirées.

L’idée de mettre en musique la vie de la singulière famille Von Trapp a probablement été très naturelle pour les créateurs du show et du film, Oscar Hammerstein et Richard Rodgers. Car, comme dans le film, la vraie famille Von Trapp a un lien indéfectible avec la musique.

Le vrai Georg Von Trapp est effectivement père d’une famille nombreuse. Vétéran de l’armée impériale autrichienne, veuf, il a huit enfants (dont les noms sont changés dans le film). En 1926, pour s’occuper de l’une de ses filles malade qui ne peut aller à l’école, il demande au couvent de Nonnberg de Salzbourg de lui envoyer une enseignante. La mère supérieure lui envoie une postulante qui enseigne à l’abbaye, Maria Kutschera.

Maria finit par s’occuper de plusieurs enfants, et en devient très proche. Pour remplacer leur mère partie trop tôt, Georg demande sa main en 1927. Du propre aveu de Maria, elle n’aimait pas vraiment Von Trapp, mais poussée par la mère supérieure du couvent et par son affection pour les enfants, elle accepte de devenir son épouse, alors qu’elle a 25 ans de moins que lui. Elle racontera que le jour de son mariage, elle était triste et en colère, car elle désirait réellement devenir nonne. Le couple aura trois autres enfants.

Dans les années 30', la situation financière de la famille n’est pas au beau-fixe. Aimant chanter ensemble, les Von Trapp décident de se produire sur scène et à la radio. Le succès est rapidement au rendez-vous, et la famille est même invitée à chanter à Vienne pour le Chancelier.

En 1938, lorsque survient l’annexion par l’Allemagne, Georg refuse un poste dans l’armée navale, car il s’oppose à l’idéologie nazie. Craignant de se faire arrêter, il embarque sa famille dans un train (et non pas à pieds à travers les montagnes, comme le décrit le film), en direction de l’Italie, puis vers les Etats-Unis. Là-bas, le succès ne se dément pas, et la chorale Trapp enchaîne les tournées, même en Europe, durant plusieurs années.

Georg meurt en 1947, il ne verra donc jamais le film. Lors de sa préparation pour l’incarner, Christopher Plummer rencontrera plusieurs personnes l’ayant connu. Le neveu de Von Trapp lui aurait ainsi confié que son oncle était "profondément ennuyeux", aux antipodes du personnage charismatique que l’on verra à l’écran.

Maria décédera en 1987, après que La Mélodie du Bonheur lui ait fait connaître la notoriété mondiale, même si le scénario de sa vie y est fort romancé.

La vraie Maria Von Trapp chante avec Julie Andrews