Deauville, le festival du film américain, quasi sans Américains

Le 46e festival du cinéma américain de Deauville s'ouvre vendredi pour neuf jours presque sans Américains, mais avec des films privés de projection à Cannes en raison de l'épidémie de coronavirus.

"Évidemment", à trois exceptions près, "les Américains ne seront pas là" étant donné la fermeture des frontières mais "ça va être le premier festival important depuis le Covid", en France, avance son directeur Bruno Barde.

plus d'infos sur le site officiel du Festival

Le festival normand ouvre deux jours après la clôture festival de cinéma francophone d'Angoulême, à la fréquentation habituellement un peu plus modeste que celle de Deauville. Et il se tient presque en même temps que la prestigieuse Mostra de Venise, où les stars internationales seront rares en raison de la situation sanitaire.

lire aussi : Ouverture de la Mostra ce mercredi 2 septembre

A Deauville, l'Américain Jonathan Nossiter ("Mondovino") viendra d'Italie, où il vit, présenter avec la britannique Charlotte Rampling "Last words", "l'histoire étonnante de la fin du monde, vécue de manière tendre et joyeuse", selon le dossier de presse. Le film fait à la fois partie de la sélection cannoise présentée à Deauville et de la compétition normande.

Outre la présidente du jury, Vanessa Paradis, sont annoncés sur le tapis rouge normand Catherine Frot, Maïwenn, Benoît Poelvoorde, Louis Garrel, Pio Marmaï, Lucas Belvaux, Bruno Podalydès, Vincent Lacoste, Noémie Merlant, ou Luana Bajrami.

Au total, neuf des 52 films qui avaient été sélectionnés pour l'édition 2020 avortée du festival de Cannes seront projetés à Deauville.

Seront ainsi successivement présentés aux spectateurs masqués dans des salles aux effectifs réduits "A Good Man" de Marie-Castille Mention-Schaar avec Noémie Merlant, "Les Deux Alfred" de Bruno Podalydès avec Sandrine Kiberlain, Denis et Bruno Podalydès, "Des hommes" de Lucas Belvaux avec Gérard Depardieu, "ADN" de Maïwen avec Louis Garrel et Fanny Ardant, "Rouge" de Farid Bentoumi, le réalisateur de "Good luck Algeria" et "Slalom" de Charlène Favier avec Noée Abita.

"Peninsula" de Yeon Sang-ho sera également projeté mais l'équipe du film n'est pas à Deauville.

Parallèlement à ces avant-premières, 15 films américains sont en compétition dont huit films de femmes et sept premiers films. Parmi eux, "Last Words" de Jonathan Nossiter et "Kajillionaire" de Miranda July (réalisatrice et rôle titre de "Moi, toi et tous les autres", Caméra d'or à Cannes en 2005) sont les deux seuls pour l'heure à avoir une date de sortie en France (respectivement 21 octobre et 30 septembre).

Eleanor Coppola, l'épouse de Francis Ford, concourt elle avec "Love is love is love", trois histoires qui évoquent l'amour, l'engagement et la loyauté dans les couples et entre amis.

Grande figure du cinéma indépendant américain, Kelly Reichardt est elle aussi sélectionnée avec "First cow", une relecture du western centrée sur l'amitié entre deux hommes, un film qui était également sélectionné à Berlin.

30% de places en moins

La compétition réunit "beaucoup de films sur l'émancipation féminine", a précisé Bruno Barde interrogé par l'AFP lors d'un point presse. "Y a pas beaucoup de films où on rigole. Y en a un ou deux - "Shiva baby" (de Ella Seligman, ndlr) et le film de Miranda July - où des choses graves sont traitées avec un ton un peu léger", a-t-il ajouté. 

Le palmarès doit être annoncée le 12 septembre.

Au total près de 70 films seront projetés, dont une soixantaine d'Américains, a précisé Bruno Barde.

Les organisateurs du festival normand qui attire habituellement quelque 60.000 personnes s'attendent à une baisse de 30% de la fréquentation, correspondant à la réduction de capacité des salles pour raison sanitaire, ont-ils rappelé mardi.

Le festival du cinéma francophone d'Angoulême, qui s'est tenu lui du 28 août au 2 septembre, avait lui 28.000 places disponibles contre une fréquentation habituelle de 40.000. Une soixantaine de films y ont été projetés.

En 2019, Deauville avait récompensé "Bull" d'Annie Silverstein, portrait d'une Amérique de Trump abandonnée par ses politiques.