"Celles qui restent" : une lutte sans fin

"Celles qui restent" : une lutte sans fin
"Celles qui restent" : une lutte sans fin - © Scope Pictures

Dans le documentaire “Celles qui restent”, la cinéaste Ester Sparatore suit quelques femmes qui se battent pour savoir ce qui est arrivé à leurs proches.

Une grande photo encadrée dans les mains, elles manifestent. Pour être entendues. Pour que le gouvernement agisse. Pour enfin savoir ce qui est arrivé à tous ces hommes qui ont pris la mer en quête d'une meilleure vie. Elles, ce sont les épouses, sœurs et mères de plusieurs centaines d'exilés tunisiens dont le sort reste, plusieurs années après leur disparition, un mystère.

Parmi elles, Om El Khir fait figure d'étendard. Pendant plusieurs années, la cinéaste Ester Sparatore a accompagné cette mère de 3 enfants dans sa lutte pour savoir ce qui est arrivé à son mari. Visites d'avocats, interpellations et manifestations rythment le quotidien de cette femme qui cherche des réponses que peu d'institutions semblent vouloir lui donner. Difficile de ne pas être admiratif devant sa résilience, et désespéré, face à l'inaction de ceux qu'elles interpellent. Dans les 90 minutes que dure le film, aucun changement (ou presque) à leur terrible situation ne survient.

Face à cette lutte sans fin, le film s'étiole quelque peu, peinant à trouver un fil narratif pour raconter ce combat souvent désorganisé mais nécessaire. A sa manière il y participe, luttant contre l'oubli de ces hommes dont le sort reste un mystère, et de ces femmes rongées par le chagrin, la colère et l'incertitude.

 

“Celles qui restent” est à découvrir sur la plateforme Sooner.