Cars ! Moteur ? Ça tourne depuis 15 ans

Sorti en salles le 14 mars 2006, le film d’animation "Cars" des studios Pixar est un véritable phénomène. Entre animisme et anthropomorphisme, Flash McQueen, son héros, se regarde tout aussi agréablement qu’il se porte en tee-shirt.

"Rapide, je suis rapide. Un vainqueur, quarante-deux perdants. J’en fais qu’une bouchée à mon petit-déjeuner des perdants. Oh, en parlant de petit-déjeuner, un bon p’tit dej' ça me ferait p’tet' du bien ? Non non non, concentration. Vitesse. Plus rapide que la lumière, je suis Flash McQueen !"

Adepte de la méthode Coué, voilà comment Flash se prépare avant une course. Oui, Flash McQueen est une voiture ou plutôt un jeune bolide de course. Il n’a qu’un rêve, celui de devenir le premier rookie, le premier jeune pilote à remporter la célèbre Piston Cup. Il peut le faire car il est rapide. C’est sa principale qualité. Côté défauts, il est arrogant, égoïste, égocentrique et prétentieux. Un jour sur la route, entre deux courses, il se perd et se retrouve au milieu de nulle part à Radiator Springs, une ville qui n’est répertoriée sur aucune carte. Là, il fait la connaissance de Martin le dépanneur, Doc une légende des pistes poussiéreuses, Luigi qui n’aime que les Ferrari et Sally avec son tatouage au-dessus de la plaque arrière. Et si tout ce beau monde était la clé (de 12) pour apporter la maturité nécessaire à Flash McQueen et, enfin, devenir un grand champion ?

Le 14 mars 2006, les studios Pixar organisent l’avant-première leur 7e long-métrage animé. Des studios qui ont déjà conquis la planète en 1995 avec "Toy story" et en 2003 avec "Le monde de Némo". Mais ici, ils enclenchent la vitesse supérieure. Dès les premières projections, "Cars" cartonne. Il faut dire que tout est réuni pour que ça marche… que ça roule ! Aux Etats-Unis, la voiture est une religion. Juste comme ça, dans certains quartiers de Los Angeles, on compte plus de voitures que d’habitants et les vendeurs de pneus sont plus nombreux que les supermarchés. Les Américains vénèrent par-dessus tout la NASCAR, pour National Association for Stock Car Auto Racing, une compétition auto ultra-populaire. Dans le film, les références y sont nombreuses (ailleurs dans le monde et surtout en Europe, on préfère la Formule 1). Pixar a même demandé à de véritables pilotes de courses de NASCAR de doubler les personnages de "Cars". Avec un petit bonus quand même sachant que Michael Schumacher prête sa voix à… une Ferrari ! Il n’en fallait pas plus pour que ça plaise. "Gôtcha", comme dirait Flash McQueen, soit "Je t’ai eu" en français dans le texte.

4 images
John Lasseter, le réalisateur du film d’animation Cars © Pixar Disney

Cette passion, communicative, on la retrouve encore parmi toute l’équipe de production. Au volant de cette superproduction, il y a John Lasseter, l’un des fondateurs de Pixar. C’est l’âme créatrice des studios, le grand maître que les jeunes adulent. Le père de Lasseter était concessionnaire Chevrolet. Ado, John a travaillé à la gestion des stocks de la concession pour se faire de l’argent de poche. "Cars" rend hommage à son histoire familiale.

Au Cinéma, "Cars" c’est encore deux suites et deux courts-métrages. Une série télé serait en préparation. Annoncée pour l’automne 2022, on devrait y retrouver Flash, Martin et les autres. Mais le succès de "Cars" tient aussi par son développement hors des salles et de nos petits écrans. Le merchandising est l’un des plus importants jamais proposé par Disney (qui gère maintenant les droits d’exploitations des productions Pixar). Outre les jeux vidéo et les jouets (petites voitures en tête), "Cars" se porte en vêtements et en sac à dos. Même les gamins d’aujourd’hui qui n’ont pas connu les sorties des films en salles (le 3e épisode date de 2017) arborent fièrement sur leur pyjama les pare-chocs étincelants du bolide rouge au numéro 95 jaune.

Si l’idée de ces voitures qui parlent et agissent comme vous et moi (on appelle ça de l’Anthropomorphisme, soit le fait d’attribuer aux animaux et aux choses des réactions humaines) séduit toutes les générations, elle n’est pas neuve. Nombreux sont les films qui mettent en scène des véhicules vivants comme la saga Herbie (en VO) ou plutôt la saga de la Coccinelle (Choupette en VF) avec 7 films au compteur (le premier "Un amour de Coccinelle" datant de 1968). Il y a eu encore "Christine" du grand John Carpenter d’après un roman de Stephen King, une magnifique Plymouth Fury. Sans oublier les camions tueurs vus dans "Maximum overdrive" réalisé par Stephen King (encore lui), les véhicules modulables de la saga "Transformers" et Benny le taxi animé du cultissime "Qui veut la peau de Roger Rabbit ?" de Robert Zemeckis produit par Steven Spielberg. Sans oublier la voiture volante du père de Ron Weasley dans "Harry Potter et la Chambre des secrets". Autant de films qui nous font croire que toutes ces belles mécaniques ont une âme. On appelle ça de l’Animisme.

4 images
Flash McQueen, plus humain que nature, le héros de Cars © Pixar Disney

Alors si comme moi, vous aussi, vous parlez à votre voiture pour qu’elle démarre en douceur le matin ou qu’elle roule plus vite quand vous dépassez un camion, vous n’êtes pas fou non. Dites-vous simplement qu’il existe en vous un Flash McQueen qui s’ignore et que la ligne d’arrivée n’est jamais loin quand on prend le temps et qu’on profite du paysage et de son entourage. Comme l’a si bien dit Tex Dinoco, le plus grand sponsor de la Piston Cup, "Flash, l’esprit de la course c’est bien autre chose que la seule victoire !"